Question orale de Mme Zrihen à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine, sur « l'écomusée du Bois-du-Luc »

Monsieur le Ministre, le site minier du Bois-du-Luc appartient à un territoire dit post-industriel dans le bassin du Centre, c'est ma région, qui est confrontée depuis de nombreuses années à des problématiques de reconversion d'attractivité et de déficit d'image, comme de nombreux territoires post-industriels.

 

Le site du Bois-du-Luc a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, cette inscription toute récente et je crois largement valorisée par la presse. D'autant plus que ce site fait partie de tout un dispositif des sites du bois minier dans lequel font partie aussi bien le Bois du Cazier, que Blegny et le site borain. C'est véritablement un atout important en termes de tourisme.

Il y a lieu de s'interroger sur l'état inquiétant de conservation dont certaines parties sont encore à l'état de friche ou sont sous-utilisées parce que non restaurées ou non aménagées. La fréquentation est encore trop restreinte et là, nous avons quelques hypothèses quant aux difficultés qui expliquent ce manque de fréquentation.

Dans le cadre de la programmation des fonds FEDER 2014-2020, l'Écomusée du Bois-du-Luc a introduit une fiche destinée à l'obtention de crédits pour la restauration et l’aménagement de certains espaces au sein du portefeuille de projets pilotés par la Ville de La Louvière. Trois grands axes sont ainsi abordés : « un pôle muséal », un « pôle archives » et un « pôle agora ».

Valoriser et moderniser ce patrimoine de l'UNESCO qui est un lieu chargé d'histoire et particulier, puisqu'il inclut à la fois non seulement un dispositif de charbonnage, mais aussi une cité ouvrière de charbonnage, permettrait d'attirer d'autres publics et de faire rayonner ce site sur une base d'un projet que l'on pense être innovant.

Il y a plus de neuf ans que ce site se bat pour obtenir les fonds nécessaires pour mettre en place une signalétique touristique adéquate qui permettrait d'améliorer l'accessibilité au site et donc son attractivité. La signalétique, vous en conviendrez, Monsieur le Ministre, est un atout majeur de valorisation du patrimoine naturel, historique et culturel d'une région.

Donc, il est au cadre des priorités des actions urgentes pour la gestion du Bois-du-Luc.

Une deuxième préoccupation, toujours aussi urgente, est celle du site. L'état vétuste de certains bâtiments, qui a déjà fait l'objet d'interventions en urgence tout à fait récemment, que ce soit de la rénovation de toitures, des travaux de remise aux normes des installations électriques, des bureaux et détection incendies, voici un aperçu des travaux urgents à effectuer pour maintenir ce patrimoine mondial en activité.

Monsieur le Ministre, je sais que les fiches FEDER ont fait l'objet d'analyse et que les réponses seront là très prochainement. Auriez-vous quelques informations complémentaires à nous donner ? Comment expliquez-vous que le label UNESCO ne soit toujours pas valorisé par une signalisation adéquate, sur toute une série de sites d'ailleurs en général, mais en particulier sur celui-là ?

Enfin, dans cette nouvelle législature, est-il prévu d'octroyer les fonds nécessaires pour une signalétique touristique, le tourisme devenant quand même un atout majeur de développement économique sur notre territoire wallon, ce qui constituerait – me semble-t-il – un choix économique et stratégique intelligent, qui permettrait de connecter non seulement les autoroutes directement au site en termes de visibilité, d'accroître l'accessibilité, de renforcer l'attractivité et enfin d'en faire un vrai espace culturel digne de ce nom pour la Wallonie ?


 

Réponse de Monsieur le Ministre M. Prévot,

Madame la Députée, votre question me permet effectivement de faire le point sur la situation du site de Bois-du-Luc à La Louvière, inscrit sur la liste du patrimoine mondial, vous l'avez rappelé, parmi les sites miniers majeurs de Wallonie.

Bien que ministre du Patrimoine depuis peu de temps, je suis en mesure de vous rappeler que seul un périmètre comprenant majoritairement la zone de l'Ecomusée relève de ma responsabilité en termes d'investissements. Je me dois de souligner aussi que l'Ecomusée a signé un bail emphytéotique avec la Région, lui donnant malgré tout des responsabilités en matière de maintenance et de conservation du bien, comme les aurait eues un nu-propriétaire. Or, malgré ce bail emphytéotique, la Région, depuis plusieurs années, a largement rempli son rôle en confiant à l'Institut du patrimoine wallon la mission de mener des chantiers de restauration, au fur et à mesure des études et des procédures qui se déroulent et des budgets disponibles.

On ne peut donc pas dire du tout que le patrimoine ne se préoccupe pas de ce site alors que, depuis début 2010, pas moins de deux millions d'euros ont déjà été investis dans ce bien pour sa restauration ou pour des mesures de sécurisation.

Ainsi, un chantier d'environ 600 000 euros se termine actuellement et portait sur la réalisation de nouvelles toitures et la remise aux normes électriques du bâtiment dit du CECOM. Ceci vient à la suite d'interventions sur les portes-guillotines, sur la toiture des bureaux, sur un bâtiment situé rue Bois-du-Luc. Un désamiantage a également été entrepris.

Je peux donc vous assurer que l'Institut du patrimoine wallon se préoccupe, de manière très effective, des questions de conservation du bien UNESCO. Toutefois, Mme la Députée connaît suffisamment les lieux pour savoir que bon nombre de bâtiments ne relèvent pas directement de mes compétences. Bois-du-Luc est un grand site en zone urbaine et la ville, le CPAS, la société de logements publics, notamment, sont aussi des acteurs et propriétaires de ce bien inscrit au patrimoine mondial de l'humanité.

Quant à l'appel à projets de la programmation FEDER 2014-2020, il est exact qu'une fiche projet a été déposée par l'IPW. Je ne suis pas en mesure – et vous le comprendrez certainement – de vous communiquer un quelconque résultat de l'analyse à ce sujet, puisque l'analyse de tous les dossiers introduits pour le Fonds FEDER est actuellement analysée par une task force indépendante qui devrait livrer au Gouvernement ses analyses au premier trimestre 2015.

À ce stade, je n'ai pas de capacité de pouvoir vous informer, ni sur ce dossier, ni sur d'autres.

Au sujet de la signalisation touristique, il existe un projet de placement de panneaux d'orientation touristique le long des autoroutes et signalant la proximité des biens repris sur la liste du Patrimoine mondial Unesco. Cette action vise l'ensemble des biens, dont le site minier de Bois-du-Luc. Cette signalisation, y compris la signalétique autoroutière, a d'ailleurs fait l'objet d'un groupe de travail auquel ont été associées la Fédération du tourisme de la Province de Hainaut et les Maisons du tourisme.

Pour pouvoir y voir clair rapidement, j'ai d'ailleurs demandé à mon administration un rapport précis à ce sujet. Je pourrai, à ce moment-là, vous apporter une réponse plus précise à votre question.


 

Réplique de Mme Zrihen : C'est incontestable que le soutien de l'IPW a amené énormément d'éléments positifs et très prometteurs au niveau de l'Ecomusée – cela est très important de le dire.

Le bail emphytéotique qui implique des obligations constitue parfois aussi un obstacle pour un certain nombre d'initiatives qui pourraient être prises, en particulier au niveau européen. Donc, on a quelques inquiétudes par rapport à cette fiche où l'on risquerait de nous reprocher de ne pas être véritablement soit un propriétaire qui doit répondre à des obligations, mais qui ne peut pas le faire, faute de moyens.

En ce qui concerne les autres bâtiments, il est incontestable que ville, CPAS interviennent. Je pense aussi que la présence de la province est tout à fait importante en la matière.

Pour en revenir à la signalétique, se retrouver après tant d'années – et je ne voudrais pas présumer de ce que va être le projet de placement et le temps que cela va durer – à la veille de Mons 2015, dans un projet où je crois que la mobilité des touristes sera très importante, sans aucune signalétique, parce que c'est bien de cela qu'il s'agit, ce n'est pas une seule signalétique qui permet de se déplacer de Mons, de Charleroi ou de Nivelles vers cet Ecomusée. À ce stade-ci, je trouve que c'est très dommageable.

Serait-il possible d'imaginer que, oui, il y a un projet de placement, que bien sûr l'Ecomusée soit associé à la concertation, même si les Maisons du tourisme sont là et la Fédération du tourisme – mais ce sera sans doute un de mes prochains sujets –, mais qu'en attendant, de manière urgente, on imagine qu'à la veille d'un événement comme celui qui va se dérouler dans les prochains trimestres, on puisse au moins avoir une signalétique adéquate qui signale ce lieu tout à fait particulier ?


 

Réplique de M. Prévot : Simplement dire que, nous, on s'inscrit ici dans une démarche avec ma casquette des Travaux publics et du Patrimoine pour faire une signalétique de plus long terme. Je pense que, pour la question de calendrier que vous avez évoquée, avec Mons 2015, n'hésitez pas à interpeller mon collègue en charge du Tourisme pour voir s'il n'a pas la capacité de mener une opération spécifique liée à l'Ecomusée.