Question de Mme Zrihen au Ministre en charge du Tourisme, M. Collin, au sujet de « l’attractivité des quatre ascenseur de la Région du Centre classés par l’UNESCO »

Monsieur le Ministre, 

Dans un mois, la saison touristique débutera et les responsables de l'ASBL Voies d'Eau du Hainaut, qui exploite les quatre ascenseurs hydrauliques, ne savent pas de quoi elle sera faite.

Tout le monde espère bien évidemment que les quatre ouvrages inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco fonctionneront et offriront une attractivité à la hauteur de leur exceptionnelle particularité en matière d’ingénierie civile.

 

Toutefois, comme l'année passée, le site risque de vivre en mode mineur. En effet, en 2014, les touristes n'ont pu utiliser qu'un des quatre ascenseurs lors de la descente du canal du Centre. Pour actionner les autres, la Région wallonne aurait dû pouvoir compter sur davantage d'agents spécialisés dans le fonctionnement de ces ouvrages mécaniques. Mais nombreux sont ceux partis à la pension ces dernières années sans que leur savoir-spécifique ne soit transmis.

Sont également apparus, ces derniers mois, certains problèmes techniques dont la résolution passe par des interventions dites de maintenance plus ou moins importantes.

L’automne dernier, un montant de 14 millions d’euros répartis sur quatre ans était avancé et devait couvrir l’ensemble des dépenses. Il est à espérer que les autorités publiques mettront tout en oeuvre pour que puisse être collecté une telle somme en faveur d’un patrimoine d’exception. Par ailleurs, cet investissement est d’autant plus nécessaire et important qu’il doit participer, par une offre touristique de qualité, au redéploiement de toute la Région du Centre.

Monsieur le Ministre :

Quelles assurances pouvons-nous avoir quant au fonctionnement global des installations hydrauliques pour la saison touristique à venir ?

Quelles initiatives sont menées – en concertation avec les autres Ministres compétents –pour s’assurer de la viabilité du site, en ce compris l’impérieuse nécessité de trouver le montant précité à   l’automne dernier de 14 millions d’euros ?

Quelles initiatives sont menées – en concertation avec les autres Ministres compétents –pour s’assurer l’obligation de formation spécifique – la transmission des savoirs – d’agents qualifiés dans   le fonctionnement des ascenseurs du Centre afin de remplacer le personnel parti récemment à la retraite ?

Le risque que ces ouvrages hydrauliques perdent leur reconnaissance UNESCO est-elle possible et envisagée ? Quel travail de conviction sera-t-il mis sur pied afin de préserver ce statut internationalement reconnu ?

Enfin, quelles actions seront prochainement envisagées pour garantir – voir « doper » l’attractivité d’un tel site touristique qui semble, à l’heure actuelle, ne pas être optimale ?


Réponse de M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives, délégué à la Représentation à la Grande Région

Madame la Députée, 

Comme déjà  indiqué en commission du lundi 2 février, les quatre ascenseurs du Canal du Centre et leur site sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1998.

La réalisation d'un plan de gestion adapté de chaque site est une condition nécessaire au maintien des biens sur cette liste. 

Un projet de plan de gestion du "Canal du Centre historique" a dès lors été soumis au Comité wallon du Patrimoine mondial le lundi 26 janvier 2015. 

Les actions envisagées dans ce plan de gestion le sont selon 7 axes : 

1. La gestion du patrimoine ;

2. La participation citoyenne ; 

3. La pédagogie et la formation ; 

4. La valorisation touristique et culturelle ; 

5. La recherche scientifique ;

6. La coopération internationale ;

7. Le marketing et la communication.

Ces actions sont prioritaires concernent principalement la Direction générale opérationnelle de la Mobilité et des Voies hydrauliques ainsi que le Département du Patrimoine. 

Je vous invite dès lors, si vous souhaitez poursuivre le débat, à réorienter votre question vers mon collègue le Ministre Prévot en charge des voies hydrauliques. 

Concernant la valorisation touristique du site, je ne peux que partager le constat : la reconnaissance UNESCO n'a pas permis au site de connaître un véritable essor touristique et ce, malgré les différents appuis financiers apportés. 

Sur les 15 dernières années, ce sont pratiquement 1 million d'euros qui ont été octroyés par le Commissariat général au Tourisme et l'ASBL "Les Voies d'Eau du Hainaut" pour améliorer ses infrastructures. 

Lors de la dernière réunion du Comité wallon du Patrimoine mondial, la viabilité du site a également été évoquée en concertation avec le Ministre-Président et le Ministre en charge du Patrimoine.

La somme de 14 millions a bien été citée mais jamais il n'y a eu d'engagement ferme de la part de la région quant à son octroi effectif. 

Comme le mentionne la Déclaration de Politique Régionale, il est prévu de confier à l'Institut du Patrimoine wallon, avec l'appui du Centre d'Ingénierie Touristique de Wallonie, la mission d'établir des plans de valorisation patrimoniale et touristique du site du Canal du Centre historique. 

La réflexion est donc bien en cours quant à l'avenir de la valorisation touristique du site et des rencontres sont organisées avec les différents acteurs de terrain. 

Le renforcement des synergies et le développement des partenariats public-privé devront assurément être privilégiés.


Réplique de Mme Zrihen

Je vous remercie, Monsieur le Ministre, puisque je pense que votre réponse marque tout votre intérêt, en tous les cas, sur le maintien de ce site. Vous en reconnaissez toute la qualité et l'attractivité.

Il est – je crois – tout à fait fondamental que le plan de valorisation et le plan stratégique soient mis en oeuvre très rapidement, parce que, pour le privé, ils n'y investissent que lorsqu'ils y voient une plus-value. Si nous-mêmes ne sommes pas en capacité, en tant que pouvoir public, de renforcer cette attractivité et, surtout, de donner une image cohérente et en synergie entre nous, je crains que l'on n'arrive pas véritablement à obtenir le résultat que l'on escompte. J'espère que, très rapidement, il y aura, autour de la table, les partenaires publics en tout les cas, privés – je l'espère aussi – mais surtout, si on pouvait arrêter d'allumer des contre-publicités en permanence, peut-être que cela nous permettrait, en tout les cas pour cette saison-ci, de rassurer et le public et aussi les travailleurs sur le terrain.