Le Burundi est un de nos partenaires. Nous avons pas moins de 20 projets en collaboration avec ce pays, sans mentionner ceux qui se font au Fédéral au niveau de la justice et au niveau de la défense. Il se fait aussi que nous avons un partenaire comme l'OIF où le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles est présent et où nous avons pu voir de quelle manière cet OIF peut être un interlocuteur très important lorsqu'il s'agit de situations difficiles, comme ce fut le cas au Mali ou à Madagascar.

Monsieur le Ministre-Président, pouvons-nous, dans ce Parlement, continuer à faire comme si nous n'étions pas au courant ou pas concernés ? Cette population au Burundi, en particulier la société civile, est extrêmement inquiète, se sent peut-être abandonnée et voudrait avoir un signal.

Quoi qu'il en soit, en ce qui concerne nos propres compétences, avez-vous des informations venant du Fédéral qui nous permettraient d'avoir un état des lieux sur la manière dont la société civile est aujourd'hui traitée ? Sachant que les élections ont lieu jusqu'au 5 juin, de quelle manière pouvons-nous garantir aujourd'hui que la liberté de presse et d'expression peuvent être données ? De quelle manière pouvons-nous aussi être attentifs à la manière dont toutes les organisations humanitaires sont traitées ?

Cette coordination se fait-elle avec la Fédération Wallonie-Bruxelles ? En dernier lieu, quelle position pouvons-nous adopter de manière claire à ce qu'un signal soit donné pour que la garantie démocratique qui se fait dans ce pays puisse être véritablement confortée par notre position et par notre soutien ?


Réponse de M. Magnette, Ministre Président du Gouvernement wallon

Madame la Députée,

La Wallonie suit de près et en concertation étroite avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, la situation au Burundi. J'ai demandé à nos services, à Wallonie-Bruxelles International, de suivre l'analyse politique de la situation et de faire l'analyse de nos différents programmes de coopération au développement au Burundi pour voir si certains d'entre eux pourraient être suspendus. On a quelques programmes en matière culturelle ou en matière institutionnelle qui pourraient être suspendus.

Pour le reste, nous avons toujours eu pour politique – et il faut la conserver – de ne pas faire des citoyens d'un pays, dont les pouvoirs publics adoptent à un moment donné une attitude contestable, des victimes supplémentaires quand nous avons des programmes. Les programmes que la Wallonie a au Burundi sont, par exemple, des programmes de formation professionnelle, des programmes de soutien à des politiques agricoles. Suspendre ces programmes-là, c'est sanctionner une deuxième fois la population burundaise. Nous avons pour option de ne pas les suspendre.

C'est dans la même optique que travaille le Gouvernement fédéral, puisqu'il a été décidé par celuici, si nos informations sont justes, de suspendre des programmes liés à l'organisation des élections par exemple, mais pas les programmes de la CTB – la coopération technique belge – ni ceux de la PEFE auxquels nous sommes associés, ceux dont la population civile burundaise profite directement. C'est aussi notre ligne de conduite.


Réplique de Mme Zrihen

Monsieur le Ministre Président,

Il est important de donner ce signal de notre présence encore au niveau de la population civile et il est clair que nous resterons extrêmement attentifs à la manière dont les médias, dont les leaders de l'opposition et aussi les journalistes sont traités – oserais-je dire – maltraités. Nous reviendrons avec ce sujet sans doute dans une autre instance parlementaire très prochainement.