Mme Zrihen (PS). - Monsieur le Président, ce qui est extrêmement particulier, ce serait de s'imaginer que nous vivrions en Région wallonne dans une île complètement coupée de tout et que, bien entendu, il ne serait pas question de parler de l'Europe, que, bien entendu, il ne serait pas question de parler du Fédéral et que, bien entendu, nous sommes dans l'autonomie la plus complète. Oui, c'est vrai, il y a peut-être les communes qui sont clairement identifiées et qui sont au premier rang de celles qui aujourd'hui se retrouvent dans la situation de devoir partout en Europe, partout en Région wallonne, partout au Fédéral, de devoir gérer la migration.

Oserais-je quand même prendre le temps de dire que c'est une question extrêmement grave ? Grave dans le sens où on aurait presque le sentiment dans la manière dont certains le présentent, que les gens ont quitté la Syrie hier ou d'autres lieux et sont arrivés au bout de deux heures, directement à nos portes et que ceci était tout à fait imprévisible.

Ceci est inexact. Aujourd'hui, nous pouvons le dire et l'affirmer. Cela fait des mois que plusieurs personnes, des ONG, des associations et même un certain nombre de citoyens ont annoncé qu'il y avait un flux migratoire extrêmement important qui allait arriver. Mais, en dépit de cela, une autre autorité – hé oui, c'est le Fédéral, même si on a dit qu'il ne fallait pas en parler – c'est le Fédéral qui a décidé de fermer pour des raisons de rentabilité un certain nombre de lieux et d'espaces. Maintenant, face à la réalité à laquelle nous sommes confrontés, il faut ouvrir de toute urgence, dans l'imprévoyance et ouvrir avec un certain nombre de règles.

Ne serait-il quand même pas important – cela était dans la question que j'avais posée tout au début et que l'on met dans le débat aujourd'hui – de voir d'abord, dans un premier temps, quel type de concertation il est possible de faire aujourd'hui entre le Fédéral, les Régions et les communes ? Cela me semblerait vraiment de la politesse, je dirais de la prévoyance et de la gestion politique la plus élémentaire.

Se retrouver tous les jours confronté à la présence telle que nous le voyons dans la capitale de l'Europe qui est aussi dans la Fédération Wallonie-Bruxelles avec le nombre extrêmement conséquent de personnes qui sont dans des parcs, malgré le fait qu'on leur fait d'autres propositions. C'est quand même quelque chose qui impacte tous les citoyens, qu'ils soient dans les communes ou en la Région wallonne, ou même au niveau Fédéral.
Première question – elle est fondamentale – quelles sont les concertations que nous avons aujourd'hui avec le Fédéral, dans la mesure où on se retrouve avec une information régulière de 250 personnes qui reçoivent un traitement tous les jours ? Alors que l'on plaide en Région wallonne aussi peut-être pour qu'il n'y ait pas seulement une concentration sur la capitale, ce qui nous donne tout à fait à la fois un non-respect de la dignité la plus élémentaire des gens et aussi le fait que nous pourrions peut-être voir cet afflux s'organiser autrement.

Deuxième élément, quelles sont les réponses que nous donnons directement dans les centres dans lesquels les personnes sont accueillies ? Lorsque c'est arrivé – je ne peux parler que de ce que je vois dans ma région – quand les familles sont arrivées parce qu'elles sont arrivées, ceux et celles qui ont déjà dû gérer immédiatement les réponses, ce sont bien sûr les communes, les associations sur le terrain, les écoles et, bien entendu, le CPAS.

Oui, j'ai entendu dire que, étant donné la situation, et cetera, la précarité, j'ai cru entendre une somme de 37 millions. Il n'y a aucune autre somme complémentaire, aucune information complémentaire qui sont données à ce jour. On est tout simplement dans une non-gestion où certains voudraient aujourd'hui encore avoir vraiment une série de caresses positives, parce qu'ils ouvrent un espace où, soi-disant, on se plaint de ne pas avoir 500 personnes aller s'aligner dans des dortoirs.

Allez, un peu de dignité quand même quand il s'agit de parler des migrants ! Tout simplement parce que l'on a peut-être, pour certains – et vous permettez M. Jeholet – une mémoire très courte de la manière dont les migrations se font et dans la manière dont les migrations se sont organisées.
On parle de personnes qui ne sont peut-être pas européennes aujourd'hui. Je rappelle que quand on s'est retrouvé sous les bombes dans toutes nos régions en Wallonie, on est tous partis en France. Y a-t-il eu ce type d'accueil ? Non. Nous a-t-on offert des tentes dans des dortoirs ? Non. Nous a-t-on offert carrément des situations où les gens disaient : « C'est inadmissible et il faut qu'on contrôle dans les bus pour voir qui est là » ? Non ! On a laissé les gens se sauver d'abord.

Je rappelle qu'en Syrie, c'est 50 % de la population qui part depuis 18 mois, deux ans, depuis des semaines et des semaines. Ce sont des gens qui marchent et qui marchent, qui arrivent en Europe.

Au niveau de l'Europe, ceux qui sont au niveau du Fédéral et qui sont les interlocuteurs européens, ont aussi une responsabilité pleine.

Je ne dis pas que les responsabilités n'ont pas été prises à ce niveau-là, mais dire que l'on ne doit pas en parler ici alors qu'une interpellation peut être faite pour exiger qu'il y ait une répartition comme elle a été proposée au niveau européen, mais une répartition avec sanction. Ce serait bien trop facile, à un moment donné, de ne bénéficier que des avantages européens et de ne pas en avoir les conséquences. Puisque nous avons une autorité ici qui a aussi une responsabilité européenne... et on est tous là pour parler de l'Europe lorsqu'il s'agit du CETA et du TTIP, eh bien, parlons-en aussi au niveau de l'immigration. Je pense qu'il est important que, là aussi, nous fassions une information pour dire qu'il est inadmissible qu'il n'y ait pas de sanctions. Par rapport à la Hongrie dont on dénonce depuis plusieurs mois...

M. le Président. - Madame la Députée, je dois vous demander de conclure.

Mme Zrihen (PS). - Monsieur le Président, si vous me demandez de conclure, je crois que la responsabilité ici sera qu'il y aura des dispositions qui sont prises au niveau de la Région wallonne et elles le sont au niveau du parcours d'intégration. Elles le seront parce qu'il y a une nécessité parce que les publics que nous recevons méritent dignité et accueil et je pense que les responsabilités seront prises.