Une évolution notable et positive pour la formation en alternance. C’est ce qui ressort de la réponse de la ministre Eliane Tillieux à la question écrite de la députée Olga Zrihen (PS):

Question (écrite, Olga Zrihen, le 30 septembre 2015):

À l'heure où les étudiants se préparent à retourner sur les bancs de l'école, la formation en alternance est et sera un des piliers majeurs dans l'avenir du développement des citoyens dans le marché du travail.

Dans son récent numéro, l'Union wallonne des entreprises faisait part de sa réserve sur la pertinence du Graal qu'est la formation en alternance. En effet, il leur paraîtrait impossible de simplement importer le modèle déjà réalisé en Allemagne ou en Suisse.

Premièrement, l'image négative que véhiculerait la formation en alternance pourrait être responsable du désintérêt des jeunes.

 

Deuxièmement, la hausse des niveaux de qualification sur le territoire européen influe sur l'âge et la qualification préalable des participants. Pour l'année 2011, 28 % des étudiants en Communauté germanophone suivant ces formations sont déjà détenteurs d'un diplôme d'enseignement secondaire supérieur.

Troisièmement, l'absence d'un cadre juridique récent. Force est de constater que le décret régissant l'enseignement secondaire en alternance date de 1991. Il existe un autre décret de 1997 régissant quant à lui les missions de l'enseignement fondamental, de l'enseignement secondaire et organisant les structures propres à les atteindre. Depuis lors, une simple circulaire proposant les directives à suivre pour l'année scolaire 2013-2014. L'évolution complexe de la société nécessiterait une indispensable mise à jour de ces écrits.

Quatrièmement, la propension à pointer du doigt le manque d'offre de stages des entreprises wallonnes sans pour autant augmenter les partenariats ainsi que le dialogue entre les institutions délivrant les formations et le monde de l'entreprise.

Ces éléments sont bien évidemment à prendre en compte et à lier avec les défis de l'alternance : lutter contre les clichés, fortifier l'alternance, augmenter le partenariat avec les entreprises et s'armer d'outils modernes face à l'évolution exponentielle du monde digital.

La mise en place d'un contrat unique dans la formation en alternance est dès lors le pied à l'étrier d'un long processus de valorisation et d'uniformisation.

Une étude de la Région wallonne validant les éléments tenus par l'UWE existe-t-elle?

Quel travail promotionnel pourrait-il être prévu pour augmenter le taux de participation à ce type de formation et, dès lors, positiver l'image de cette dernière?

La Région wallonne entretient-elle un dialogue continu entre les établissements scolaires et les entreprises ?Si oui, quelles pistes d'évolution conjointe ces deux milieux souhaiteraient-ils réaliser?

 

REPONSE d'Éliane Tilleux (ministre de l'emploi):


La mise en œuvre de l'accord de coopération - cadre relatif à la formation en alternance, conclu à Bruxelles le 24 octobre 2008 entre la Communauté françaisel la Région wallonne et la Commission communautaire française, modifié par l'avenant du 27 mars 20141 poursuit notamment l'objectif d'améliorer l'image de l'alternance et de l'apprenant via deux volets:

  • un statut commun pour les apprenants en alternance de l'IFAPME et des CEFA;
  • la création de l'Office francophone de Formation en Alternance (OFFA).

Concrètement, concernant le premier volet, le nouveau contrat d'alternance remplace depuis le 1er septembre 2015 le contrat d'apprentissage de l'IFAPME et du SFPME (formation en alternance), d'une part et d'autre part, la convention d'insertion socioprofessionnelle des CEFA (enseignement en alternance).

Le statut commun des apprenants en alternance repose sur ce nouveau contrat d'alternance qui prévoit:

  • les mêmes conditions d'accès à la formation en alternance;
  • les mêmes droits et obligations pour toutes les parties contractantes (apprenant, entreprise et opérateur de formation ou d'enseignement);
  • la même rétribution pour les apprenants en alternance, calculée en pourcentage du revenu minimum mensuel moyen garanti et évolutif en fonction de trois niveaux d'acquisition de compétences tels que définis dans le plan de formation ; - le même agrément des entreprises de formation et les mêmes conditions d'accès à la fonction de tuteurs en entreprise.

Le contrat d'alternance est accompagné d'un plan de formation individualisé qui détaille les acquis antérieurs à l'entrée en formation les compétences à acquérir tant en centre de formation qu'en entreprise et les objectifs de l'évaluation finale.

Comme expliqué ci-dessus, le second volet de l'accord de coopération - cadre est la création de l'OFFA qui a notamment pour missions:

  • d'organiser la promotion de l'alternance en tant que filière d'excellence;
  • d'assurer la transparence entre l'offre et la demande de contrats d'alternance;
  • de centraliser les agréments des entreprises et d'en assurer la transparence;
  • de liquider les incitants financiers à la formation en alternance.

Si les travaux de l'OFFA ont démarré depuis plusieurs mois, l'OFFA a été officiellement installé le 12 octobre 2015.

Il convient désormais de préciser et d'harmoniser les modalités d'encadrement des formations en entreprise notamment grâce à:

  • une reconfiguration des incitants financiers à la formation en alternance dans un souci de simplification, de cohérence et d'efficience;
  • une harmonisation des normes d'encadrement, notamment en renforçant le suivi de la formation en entreprise et en développant l'offre de formation au tutorat.

Par ailleurs, dans le cadre du Plan Marshal 4.0., l'axe 1 est majoritairement dédié à l'alternance avec pour ambition d'en renforcer l'attractivité via entre autres l'augmentation de la qualité de la formation et de l'encadrement dans les centres de formation du réseau IFAPME, notamment par :

  • une réforme des cours de connaissances générales : structuration des référentiels en unités d'acquis d'apprentissage, prises en compte des prescrits légaux et des directives européennes et communautaires, des exigences techniques des métiers, qui donneront sens vis-à-vis de la profession apprise, tout en garantissant une qualité de la formation de haut niveau;
  • le développement de l'offre de cours de remédiation tant avant l'entrée en formation que pendant la formation elle-même, en favorisant le recours à l'exploitation des TICE afin de favoriser l'accrochage en formation, en développant les compétences techniques et pédagogiques des formateurs;
  • le développement d'expériences pilotes afin de généraliser la délivrance d'une certification équivalente à celle de l'enseignement pour les apprenants de l'IFAPME.

Par ailleurs, pour renforcer l'image de l'alternance et augmenter le nombre de places de formation en entreprise, l'IFAPME s'appuie notamment sur les conventions sectorielles conclues avec les secteurs professionnels. L'IFAPME est également très actif sur les réseaux sociaux pour promouvoir la formation en alternance auprès des jeunes.

En ce qui concerne l'orientation, mesure également prioritaire de l'axe 1 du Plan Marshall 4.0., le Gouvernement wallon souhaite développer un service unique d'information, de sensibilisation et d'orientation tout au long de la vie via:

  • la mise en œuvre des trois Cités des Métiers intégrant notamment, les CEFO et les CPMS;
  • l'organisation d'un réseau d'acteurs de l'orientation articulé autour des Cités des métiers;
  • la création d'un centre de ressources en orientation chargé de développer et de diffuser les outils d'information, de sensibilisation et d'orientation, de promouvoir les métiers techniques, technologiques et manuels;
  • le renforcement du dispositif de découverte des métiers, avec une attention particulière aux métiers d'avenir, notamment dans le secteur de la construction durable, et les secteurs en lien avec les Pôles de compétitivité, ainsi que le numérique.