Une attention accrue pour les travailleurs +55 ans: bien sûr, mais de là à le faire à la suédoise... (Question orale sur l'étude PWC "Golden Age Index 2015" au Parlement Wallon, le 19 novembre 2015)

Mme Zrihen (PS). - C'est bien d'une étude récente de la « Golden Age Index 2015 », de la société PwC qu'il s'agit et qui signale que la Belgique pourrait augmenter son PIB de 10 % si elle organisait mieux le travail des aînés, c’est-à-dire les 55 ans et plus. En termes de chiffres, la Belgique, actuellement, est à la 27e place sur 34 au classement des pays de l’OCDE. Notre pays, au cours des 10 dernières années, est quand même passé de la 33e à la 27e place. Il y a quand même une évolution en la matière, même si l'on peut considérer que, par rapport à la moyenne, d’après Peter De Bley, qui est chez PwC Belgique, il y a quand même un léger retard.

 

En 2013, c'est 41,7 % des 55-69 ans qui étaient au travail. C’est la Suède qui occupe, actuellement, la première place du groupe des pays de l’OCDE. Malheureusement, dans l’information diffusée par les médias, on ne tient pas compte du phénomène de crise qui perdure et paralyse les sociétés européennes. De plus, l’étude se base sur des hypothèses à partir d’un classement qui entraîne une certaine forme d’absence, je dirais, de légitimité.

Peut-on comparer la Belgique et la Suède ? Les ressources sont-elles les mêmes ? La moyenne d’âge de la population ne diffère-t-elle pas ? Comment se positionne la Région wallonne face à une telle étude ? Comment coupler de manière – et ceci, c'est pour progresser – complémentaire, une politique de mise à l’emploi des jeunes avec une politique d’évolution de carrières des seniors ?

Mme la Présidente. - La parole est à Mme la Ministre Tillieux.

Mme Tillieux, Ministre de l'Emploi et de la Formation. - (...)

Si la question de l'emploi des travailleurs âgés, en Wallonie, doit retenir toute notre attention, la situation n'est pas pour autant une situation dramatique. Les calculs de l'IWEPS, sur la base de données d'Eurostat, de la DG STAT et de l'enquête sur les forces de travail font état d'un taux de chômage moyen, pour la période entre 2005 et 2014 et, pour la population des 50-64 ans, de 5,7 %, alors que la moyenne européenne pour le même public, pour la même période s'élève à 6,7 %. Si l'IWEPS identifie un groupe cible prioritaire par rapport à la situation du marché de l'emploi wallon, il s'agirait plutôt des jeunes.

En Wallonie, le taux de chômage des jeunes est en effet trois fois plus important que celui de la catégorie des 25-49 ans. En revanche, le taux de chômage des âgés est près de deux fois moins important que celui de la classe d'âge intermédiaire.

L'évolution de la structure démographique de notre Région et les modifications des régimes de fin de carrière doivent maintenant nous conduire à maintenir des systèmes qui permettent aux travailleurs âgés de poursuivre leur carrière dans les meilleures conditions possible.

Dans cette optique, la Wallonie dispose, aujourd'hui, de nouveaux leviers : ceux qui ont été transférés dans le cadre de la sixième réforme de l'État, que ce soit le Fonds de l'expérience professionnelle ou toutes les aides qui s'adressent aux travailleurs âgés, dans le cadre de la politique des groupes cibles. Je pense aux réductions de cotisations sociales pour travailleurs âgés, aux compléments de reprise de travail, aux réductions de cotisations sociales pour tuteurs, par exemple.

Pour 2016, le Gouvernement wallon a décidé de maintenir son effort budgétaire pour que ces mesures se poursuivent à hauteur de leur financement avant la réforme de l'État.


(...)

Mme la Présidente. - La parole est à Mme Zrihen.

Mme Zrihen (PS). - J'insiste sur tout l'intérêt que nous avons à ce que les jeunes ne se retrouvent pas en dehors du marché de l'emploi. Je crois qu'en termes de priorités, il est fondamental, d'autant plus qu'en ce qui concerne les personnes de plus de 55 ans, lorsque l'on fait une étude un peu plus approfondie, on se rend compte que, en général, celles qui se retrouvent dans cette situation l'ont été à cause de conditions économiques et de l'intérêt qui a été largement soutenu pour que certaines restructurations se fassent, principalement.

Par rapport à cela, il serait donc aussi extrêmement intéressant de revenir vers une valorisation de ce travail après 55 ans en tenant compte, à chaque fois, des conditions tout à fait particulières de l'emploi dans lequel se trouve la personne. On ne peut pas comparer un travail de col blanc avec certains types de travail, dans un secteur plus industriel. Je pense en particulier au secteur de la sidérurgie. Les comparaisons sont donc intéressantes, mais on m'avait dit que l'on ne comparait pas si on n'était pas dans le même type de panier. Là, la comparaison que fait souvent l'OCDE me semble plutôt ambiguë, simplement peut-être pour conforter un certain point de vue.