En collaboration avec le FOREM et avec le soutien du Plan MARSHALL 4.0, l’Agence wallonne à l'exportation et aux Investissements étrangers (AWEX) propose un dispositif de stages et de formations à l'étranger. Près de 80 % des personnes ont trouvé un emploi dans les six mois suivant le stage, dont 50 % dans l'entreprise au sein de laquelle s'est déroulée la mission.

En réponse à ma question orale posée mardi en commission de l'emploi et de la formation, au Parlement de Wallonie, la ministre Eliane Tillieux détaille le plan dont nous pouvons nous réjouir de son succès. Plus d'info ci-dessous et sur http://www.explort.be

 

Mme Zrihen (PS). - Madame la Ministre, le programme wallon Explort fête ses 10 ans. Organisé en collaboration entre l'Agence wallonne à l'exportation et le FOREm, il permet à des étudiants, niveau bachelier et des demandeurs d'emploi avec une expérience dans le secteur de soit réaliser un stage à l'AWEx, soit réaliser des stages de type « mission » et plus précisément des missions commerciales en Europe, Japon, Amérique et Australie pour des périodes de deux semaines à trois mois.

Du point de vue des chiffres, près de 80 % des personnes ont trouvé un emploi dans les six mois suivant le stage, dont 50 % dans l'entreprise au sein de laquelle s'est déroulée la mission. Le modus operandi est bien huilé. Les futurs stagiaires suivent une formation intensive de sept semaines et sont aidés par un coach pour faire le meilleur choix de l'entreprise hôte.

Les seules contraintes à l'accès se trouvent être le niveau de formation, au minimum un bachelier ou une expérience commerciale significative, ainsi qu'un niveau d'anglais correspondant à la moyenne de celui régissant le secteur cible.

Quand on voit de tels résultats, encourageants et prometteurs, compte tenu des résultats positifs de ce type de formation « rapide », ne serait-il pas intéressant d'explorer les possibilités similaires de collaborations de formation et d'expérience pour d'autres secteurs, par exemple l'Horeca, les nouvelles technologies, les biotechnologies ?


Avez-vous des retours sur l'ensemble du dispositif, c'est-à-dire une information qui serait donnée par l'Agence wallonne à l'exportation et le FOREm ? Est-il possible que les PME wallonnes qui, majoritairement, font appel au programme Explort puissent bénéficier des nouvelles aides à l'emploi en complément ? Je vous remercie de vos réponses.

Mme Tillieux, Ministre de l'Emploi et de la Formation. - Madame la Députée, le plan Marshall 4.0 lancé par le Gouvernement en mai dernier se donne comme principal axe d'action en matière de langue – je le disais tout à l'heure à Mme Vandorpe – de poursuivre et rendre plus efficace encore tous les dispositifs qui existent en matière d'apprentissage des langues.
Avec mon collègue en charge de l'économie et du commerce extérieur, M. Marcourt, j'ai souhaité faire la part encore plus belle à l'apprentissage des langues étrangères pour les jeunes Wallons, notamment dans le contexte d'immersion et, dès lors, de pérenniser les programmes de formations et de stages à l'étranger, parmi lesquels le programme Explort.
Pour avoir accès au dispositif qui est, il faut bien le dire, assez unique dans notre pays et même en Europe, il faut être diplômé de l'Enseignement supérieur, peu importe la filière ou, le cas échéant, avoir une expérience commerciale significative. Il faut connaître au minimum l'anglais, même si la connaissance de toute autre langue peut constituer un plus et enfin, être motivé, c'est-à-dire satisfaire à un entretien de motivation.

Dans ce programme innovant, le FOREm intervient principalement dans la préformation des candidats via un centre de compétence qui est le Centre de compétence Management des commerces. Plusieurs cessions de formations et séminaires intensifs sont organisés à l'intention des jeunes demandeurs d'emplois et étudiants. Ces modules permettent d'aborder l'ensemble des thématiques qui sont liées au commerce international, le marketing, les techniques de vente, de négociation, de langue, l'interculturalité, le financement des aspects juridiques, et cetera.

Aujourd'hui, je me réjouis du succès qu'obtiennent les bourses Explore qui, sur la base du partenariat ainsi développé entre l'AWEx et le FOREm et les réseaux qui les animent, donnent l'opportunité, d'une part, aux demandeurs d'emploi ou aux tout jeunes diplômés qui possèdent, très peu voire même pas du tout d'expérience professionnelle, d'amorcer ce déclic international, de se préparer à l'immersion professionnelle et à l'étranger, de mettre en pratique, dans un contexte professionnel, toute une série d'acquis technique, mais aussi de développer leur compétence linguistique.

D'autre part, pour les entreprises qui les accueillent, cela permet de compter sur l'appui de jeunes apprenant, plurilingues, motivés, coachés, formés pour le développement de leurs activités à l'internationale ou, le cas échéant, pour la prospection de nouveaux marchés.

Sur la base de l'évaluation des précédents plans Marshall qui a montré toute la plus-value des formules d'immersion linguistique en milieu professionnel, je déposerai tout prochainement, comme déjà évoqué lors de la question de Mme Vandorpe, un projet d'arrêté consacré au travail d'optimisation des bourses Langue tout prochainement au Gouvernement.

Les bourses Explore, comme les bourses BRIC vont dans ce sens. Je souhaite développer sous cette législature les unes et les autres, sachant que dans le cas des bourses BRIC basées sur un stage en entreprise dans les pays émergents, BRIC pour Brésil, Russie, Inde et Chine et qui ciblent les jeunes demandeurs d'emploi diplômés, la volonté est de favoriser les stages en lien avec les secteurs porteurs et les métiers d'avenir du plan Marshall 4.0.

Concernant la complémentarité avec le système nouvellement réformé des aides à l'emploi, elle me paraît tout à fait imaginable. L'employeur belge qui fait appel à Explore et va accueillir un jeune stagiaire pour une mission commerciale à l'étranger, pourrait tout à fait, s'il le souhaite, au terme de la mission Explore engager ce même jeune au sein de son entreprise en bénéficiant, par exemple, de l'aide SESAM s'il s'agit d'une PME ou encore de l'aide Demandeur d'emploi longue durée pour l'engagement de personnel qualifié si le jeune est resté inoccupé pendant 12 mois ou encore bénéficier du contrat d'insertion si le jeune est resté inoccupé pendant 18 mois.

Mon intention est bien de continuer à mettre en œuvre et à renforcer ces mesures en permettant aux citoyens et citoyennes wallons, en particulier les plus jeunes, d'acquérir les compétences qui s'avèrent « clé » pour pouvoir accéder durablement au marché de l'emploi et, eux-mêmes, progresser dans leur parcours professionnel. Si, avec le passage à l'aire numérique, le monde est aujourd'hui un village, il faut tout faire pour que les Wallonnes et Wallons y prennent toute leur place. Je vous remercie.


Mme Zrihen (PS). - Merci, Madame la Ministre. La découverte de ce sujet a été tout à fait impressionnante. Ce sont plusieurs entreprises qui se sont organisées, qui ont créé cette plateforme. Ce programme wallon n'a pas vraiment toute la publicité qu'il mérite. Il devrait être beaucoup plus orienté, je pense à toutes les écoles du degré supérieur qui, parfois, sont en recherche d'opérationnalité pour vraiment rendre les jeunes beaucoup plus performants et surtout bénéficier d'une connaissance des pratiques et des méthodes à l'étranger. Encore une fois, peut-être un peu plus de communication et d'information permettraient à des jeunes de trouver des opportunités. Merci de toute l'énergie que vous mettez.