Mettre en liaison la citoyenneté, l'opérationnalité et un travail au service des citoyens, de manière proactive et intelligente. J'espère que nous en verrons beaucoup d'hackathons dans les prochaines années. Question orale développée en commission de l'économie du Parlement Wallon le 07 juin 2016:

Mme Zrihen (PS). Monsieur le Ministre, début mars 2016, se déroulait le plus grand hackathon de Wallonie à Mons, en partenariat avec des acteurs majeurs du secteur du numérique et de l'innovation, tels que FuturoCité ou encore l'UMONS. Les thématiques proposées étaient, à l'université 2.0., le bien-être du citoyen et l'accélération à l'emploi, avec comme objectif développer le prototype fonctionnel d'une application.

D'un point de vue technique, un hackathon est une réunion de développeurs pour faire « faire de la programmation informatique collaborative ». Cet événement a permis de rassembler 70 participants issus de différents secteurs – étudiants, enseignants, entrepreneurs, start-up – et de récompenser des exploits numériques, tels que :

  • l'équipe « Eliot » pour son concept de poubelles intelligentes au travers d'une sonde de remplissage et d'un algorithme améliorant le circuit des camions de ramassage;
  • l'équipe « Chômeurs Go ON » pour son projet « MatchUP » mettant en lien, via une plateforme web, les compétences du demandeur d'emploi et celles nécessaires à une fonction visée;
  • l'équipe « Womez-vous ! », dont le concept promeut le commerce de proximité grâce à une communauté récompensant le partage dans une liste de magasins identifiés par QRCodes.

Cette initiative s'inscrit dans le plan Numérique Wallonia et renforce la volonté de relance économique par le biais du numérique ainsi, je pense que c'est essentiel, que des jeunes talents que compte notre territoire.

Quels retours vous ont été faits par les coorganisateurs de l'événement ? Ce concept deviendra-t-il récurrent dans d'autres lieux en Wallonie ? D'autres partenariats sont-ils prévus ? Un cadre de développement au bénéfice des équipes lauréates est-il à l'ordre du jour ? Quel suivi sera réalisé pour l'ensemble du dispositif ?

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre Marcourt.

M. Marcourt, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de l'Innovation et du Numérique. - Madame la Députée, le terme « hackathon » est entré en quelques mois, voire en quelques années, dans notre vocabulaire.

Du 4 au 6 mars dernier, FuturoCité, qui est un des outils de la Région wallonne avec des partenaires privés qui développent les Smart Cities, organisait un hackathon dédié aux Smart Cities en partenariat avec IBM, qui est copartenaire de FutoroCité, Cronos et l'Université de Mons. Cela s'est fait avec le support de l'Agence du numérique, du FOREm, de la Maison de l'entreprise, du CETIC et de Creative Valley.

Septante et un participants ont développé 17 projets applicatifs durant 48 heures.

Les quatre équipes lauréates du hackathon sont désormais coachées par les organisateurs, il s'agit de :

  • l'équipe « 404 Name not found » avec son projet « Share your ideas » a pu visiter le Technblogy Campus & Lab d'IBM à Dublin et y présenter son projet. II s'agit d'une appli permettant d'associer des porteurs d'idées à des personnes compétentes pour collaborer et mener à bien des projets, et inversement;
  • avec son projet « Trash Speaking » de collecte optimisée de détritus grâce à des poubelles intelligentes, l'équipe « Eliot » a décroché le prix Smart Region et bénéficiera d'une visibilité à l'échelle du territoire wallon via Digital Wallonia, auprès des villes et des centres de coworking;
  • l'équipe « Chômeurs Go ON », avec le projet « MatchUp » de suivi des compétences pour chômeurs moins qualifiés, bénéficie d'un accompagnement à l'entreprenariat de la part de Cronos;
  • l'équipe « Womez-vous » est accompagnée par la Maison de l'entreprise, au même titre que quelques autres équipes du hackathon. Son « Womer » consiste en une application de recommandation de commerces de proximité, reposant sur le principe de consommateurs/ambassadeurs.

L'événement, qui était une première mouture et une première pour 80 % des participants, a globalement satisfait les organisateurs et les participants. Ces derniers ont par ailleurs été sondés à la fin du week-end et ont souligné la qualité de l'organisation, du coaching ainsi que de l'ambiance. Solidarité et émulation entre candidats étaient au rendez-vous, c'est essentiel dans ce type d'événements.

Par contre, il est apparu plus difficile d'aboutir à des solutions véritablement fonctionnelles, prêtes à être proposées aux citoyens. Actuellement, les partenaires du hackathon aident les lauréats à faire émerger leur prototype et à gagner en maturité.  Ils continuent à les accompagner au-delà de la compétition à travers trois piliers :

  • la propriété intellectuelle et la protection de leurs idées;
  • les partenariats privés et/ou publics pour faire avancer leur projet;
  • le contenu : apport de méthodologie, technologies, marketing, business plan, et cetera, qui contribueront à l'aboutissement de leur solution.

Les partenaires de ce hackathon se sont récemment réunis afin de procéder au débriefing. Différentes propositions ont été avancées afin d'améliorer ce type d'événement, notamment en les préparant en amont par des ateliers pour :

  • faire émerger les idées et les lignes de force;
  • susciter la préparation d'un maximum de développeurs;
  • s'assurer d'un concours plus actif des universités et hautes écoles;
  • objectiver les critères de délibération afin de récompenser davantage la qualité du développement réalisé durant ce hackathon, l'utilisation des données qui en a été faite, la concrétisation par un prototype opérationnel ou une application fonctionnelle.

Le hackathon dédié aux villes intelligentes avait par ailleurs pour objectif de mettre en valeur des projets d'applications, de services ou de visualisation des données interactives, réutilisant des données publiques.
La stratégie numérique de la Wallonie, Digital Wallonia, a identifié les données publiques comme une source majeure de nouveaux services, de création de valeur, de production de connaissance et de participation citoyenne. Cela passe par une véritable dynamique en matière d'open data.

Le Gouvernement, associé à celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a ainsi adopté fin avril un décret Open data visant à ouvrir à tous les données au format numérique des administrations publiques, de manière à pouvoir les réutiliser facilement, que ce soit par les citoyens, les entreprises ou les administrations elles-mêmes.

C'est à travers data.digitalwallonia.be, plateforme de la Wallonie numérique, mise en œuvre par l'Agence du numérique, que cette réutilisation des informations du secteur public sera organisée.

Les hackathons régionaux sont évidemment appelés à se développer, en ciblant des thèmes spécifiques, voire des applications précises.

M. le Président. - La parole est à Mme Zrihen.

Mme Zrihen (PS). - Merci Monsieur le Ministre. Avec ces dispositifs d'hackathon, on a ouvert une niche tout à fait vivante et dynamique dans un secteur que l'on appréhende souvent comme étant un secteur sur lequel nous n'aurions pas de maîtrise. Sauf que, en parallèle de toutes les formations que nous faisons et de toutes les informations que nous donnons, il y a véritablement un monde qui se crée par rapport à ce type de travail : émulation, coopération, travailler avec des jeunes développeurs, créer des prototypes opérationnels et, surtout, comme vous le proposez et vous l'avez dit, le mettre au service de tous les citoyens.

Avec ce dispositif, si l'on peut le démultiplier, on pourrait à la fois mettre en liaison la citoyenneté, l'opérationnalité et aussi un travail au service des citoyens, de manière proactive et intelligente. J'espère que nous en verrons beaucoup d'exemplaires dans les prochaines années.