Pour une privatisation encadrée et participative du café burundais

(18.03.2010)

Le café est une boisson de tous les instants pour nous. Au Burundi, il s’agit de bien plus que cela. C’est tout simplement un des pans les plus importants de l’économie du pays.  C’est le principal produit d’exportation. Plus de 100.000 familles vivent directement de la vente du café au Burundi. Soit près de 800.000 personnes, 10% de la population totale du pays !

Or, la filière du café au Burundi est en train d’être privatisée de manière intégrale par l’Etat. Privatisation totale qui aurait des conséquences économiques (en termes d’emploi, de revenus de l’exportation,..), financières, sociales et politiques considérables pour un des pays les plus pauvres de la planète.

 

Depuis plusieurs années, la Confédération Nationale des Caféiculteurs du Burundi combat la privatisation de la filière café. Car depuis plusieurs années, sur pression de la Banque mondiale, le gouvernement burundais a décidé de vendre aux investisseurs étrangers des stations de lavage et de dépulpage. Il s’agit là de l’essentiel du tissu économique burundais qui passerait à des propriétés privées.

Le Sénat va adopter aujourd’hui une proposition d’Olga Zrihen relative à la privatisation de cette filière café. Le texte a été adopté à l’unanimité ce mardi en Commission des Relations extérieures.

 

La Sénatrice socialiste appelle le gouvernement burundais  à garantir la participation de tous les acteurs sociaux et économiques actifs dans le secteur du café dans la poursuite éventuelle du processus de privatisation de cette filière.

 

Elle demande aussi, notamment, aux instances de la Banque Mondiale à adapter, s’il y a lieu, leurs exigences liées au processus de privatisation de la filière café au Burundi. Ceci pourrait être accompagné par la transformation des fonds prélevés sur les revenus des caféiculteurs en actions financières dans les stations de lavage du café ou par  la réalisation d’un audit visant à déterminer la valeur réelle de chaque station de lavage ainsi que des différents fonds concernés par le processus de privatisation  de la filière café.