En vue d'une modernisation de notre force aérienne, la Belgique a conclu un accord commercial avec EADS pour la construction et la livraison de sept avions militaires Airbus A400M en vue du remplacement de nos C130 en 2018.

Toutefois, des problèmes de surcoût de production de ces appareils militaires ont été annoncés par EADS. Sur un programme de 20 milliards d'euros prévus pour une commande de 180 avions, cinq milliards supplémentaires de participation financière sont demandés aux acheteurs potentiels parmi lesquels figurent sept pays de l'OTAN, dont la Belgique.

Cette annonce tombe au plus mal pour notre département de la Défense, lequel connaît actuellement un contexte économique peu favorable si l'on se réfère au plan de restructuration ainsi qu'aux économies à réaliser.

Monsieur le ministre, selon l'agence de presse Belga, la Belgique devrait débourser pour ce nouveau programme de développement demandé par EADS plus de 1,3 milliard d'euros.

Cette somme invoquée est-elle correcte ? À combien se monterait donc le surcoût éventuel ?

La Belgique peut-elle envisager ce nouveau financement ?

Notre pays peut-il surseoir à cette commande alors que nos C130 sont en fin de vie et que des sommes très importantes ont déjà été investies dans les programmes de recherche concernés par le développement de l'Airbus A400M ?


M. Pieter De Crem, ministre de la Défense. - Avec l'accord du Conseil des ministres, la Belgique est devenue membre du programme A400M et a signé le Memorandum of Understanding le 24 mars 2003. En ce moment, des négociations commerciales sont en cours entre les nations et AMSL/EADS.

Je tiens à faire remarquer que la décision a été prise au printemps 1999. Ce n'est que dix plus tard qu'un avion a été en état de voler. Les livraisons pour la Belgique, à la suite à une décision du gouvernement précédent, ne sont prévues que pour 2019 avec deux années de retard sur le calendrier.

Si tous les pays participants autorisent un financement supplémentaire, la Belgique vérifiera préalablement la faisabilité avant de l'accepter.

L'A400M répond aux besoins opérationnels belges et la continuation du programme reste pour l'instant un objectif commun pour toutes les nations participantes au programme de développement de l'A400M.

Malgré les modernisations entreprises ces dernières années sur le C130, je vérifierai si des investissements sont nécessaires pour faire face au retard annoncé.

En bref, nos C130 sont en service depuis vingt-cinq ou trente-cinq ans. Les gouvernements précédents ont décidé de s'inscrire dans le programme de l'Airbus A400M. Ils se sont engagés pour l'achat de sept avions, pour un coût de 7,2 milliards d'euros en partenariat avec le Luxembourg qui s'est engagé pour moins d'un milliard.

Le programme a pris du retard, mais je reste confiant puisque le vol inaugural du premier avion vient d'avoir lieu. Toutefois, le retard aura un coût dont nous fixerons le montant à prendre en charge en concertation avec les autres partenaires.

Mme Olga Zrihen (PS). - Je remercie le ministre de sa réponse complète.

Sous la législature précédente il n'y a pas eu d'opposition notoire au remplacement de nos C130. Cependant, étant donné le contexte économique actuel, les surcoûts doivent être réfléchis. Il faut aussi assurer la pérennité de la profession, et nous vous remercions de votre attention à cet égard.