Proposition de résolution relative à la répression violente exercée contre la population syrienne

Intervention de Madame Olga ZRIHEN

Avant toute chose, permettez-moi de replacer dans le contexte international les événements tragiques qui secouent actuellement la Syrie. Si nombre de peuples opprimés tendent aujourd’hui, vaille que vaille, au-delà des obstacles réels qui les ralentissent parfois, à une démocratisation de leur société, force est de constater que le mouvement d’émancipation populaire syrien subit des débordements inhumains d’une classe politique dirigeante jour après jour un peu plus acculée.

Voilà déjà près d’un an que le peuple syrien s’est levé contre le régime actuel, un an de contestations réprimées, de massacres à l’encontre de manifestants pacifiques, un an d’actes de guerre et de violations des droits de l’Homme à l’encontre de la population civile.

Alors que les fondements mêmes de la dignité humaine y subissent des violations inimaginables, qu’un règlement pacifique de la crise semble de plus en plus éloigné, que dans les agglomérations urbaines de Deraa et de Homs, ou partout ailleurs sur le terrain syrien, de nouvelles victimes sont quotidiennement décomptées, alors que la Syrie risque à tout instant de sombrer dans une guerre civile longue et cruelle – certains disent déjà que c’est le cas – la communauté internationale peine à s’affranchir de considérations géostratégiques.

De son côté, l’Union européenne a décidé de prendre une série de sanctions comme le gel des avoirs de plusieurs dirigeants syriens ou ceux de la Banque centrale syrienne ; un embargo sur les métaux précieux et sur le fret aérien a également été imposé. Il s’agit-là du douzième train de sanctions de l’Union européenne, depuis le début du conflit.

Notre proposition de résolution s’inscrit dans ces perspectives ; il est en effet plus que temps de mettre un terme aux exactions qui meurtrissent le peuple de Syrie. Plus encore, notre démarche parlementaire demande une réponse sur le plan international.

À notre modeste échelle – et nous connaissons la dérision qui accueille parfois nos propositions de résolution –, nous rappelons à qui veut l’entendre que les valeurs fondamentales de la démocratie sont inébranlables et universelles. Le respect de ces dernières demande une réelle implication de la communauté internationale. La situation en Syrie ne peut perdurer.

Outre le fait que nous condamnons la répression des populations civiles, nous enjoignons les dirigeants syriens à abandonner le pouvoir et à permettre ainsi une transition pacifique dans l’intérêt du pays.

De plus, en ce jour très particulier du 8 mars, nous n’oublions pas le rôle central que les femmes ont à jouer dans l’élaboration d’un processus de pacification en Syrie, mais également dans le processus futur de reconstruction du pays vers un État démocratique, pluraliste, multiconfessionnel et ouvert à la société civile.

Nous pensons également qu’il est crucial de mettre en œuvre les mesures nécessaires et adéquates pour régler le problème de la livraison d’armes et de matériel militaire à la Syrie.

Qu’on le veuille ou non, cette proposition de résolution – et je remercie tous les cosignataires –tend à nous questionner sur notre propre humanité. Il conviendrait que les puissances politiques s’imposent une réflexion sur leur propre degré d’humanité.

Une aide humanitaire immédiate et sans entraves dans l’ensemble des villes et villages où des personnes nécessitent une assistance, y compris les blessés et les personnes en détention, doit être exigée.

Les opposants au régime doivent être libérés au plus vite ; les journalistes doivent pouvoir travailler sans contrainte et tous les médias doivent être libérés de la censure.

C’est maintenant un message sans ambiguïté et sans faiblesse que la communauté internationale doit adresser au régime syrien. Ne pas le faire serait se résigner à abandonner tout simplement le peuple syrien.

Avant de conclure, permettez-moi de remercier l’ensemble des services, et plus précisément le secrétariat de la commission des Relations extérieures, qui sont parvenus, malgré de nombreuses difficultés, à finaliser dans un délai très court cette proposition de résolution que mon groupe politique considère comme importante et que la commission compétente a votée à l’unanimité.

Le groupe socialiste, pour sa part, condamnera toujours avec force les débordements autoritaires et les violations des droits humains là où ils ont lieu.

Les agissements des autorités syriennes n’échappent pas à cette sanction, tant ils sont inacceptables pour quiconque est épris de paix et de justice.

Pour ces raisons, notre groupe politique appelle à un vote franc et massif en faveur de cette proposition.