La RTBF a engendré en près de 100 ans d’existence une quantité impressionnante d’archives qui témoignent des événements déterminants de notre époque. Afin de protéger ce patrimoine de la détérioration physique qui le menaçait, la Sonuma, SOciété de NUMérisation et de commercialisation des Archives de la RTBF, a entamé la numérisation des archives de la RTBF dès le 8 janvier 2009, grâce à l’intervention de la Région wallonne et de la Communauté française.

La Sonuma a pour objectifs de conserver, préserver, numériser et commercialiser les archives audiovisuelles, de maîtriser l’évolution technologique pour la conservation et la diffusion des archives et de développer différents services à destination des professionnels, du monde de l’éducation et du grand public. La numérisation des productions audiovisuelles diffusées après le 1er janvier 2008 est, quant à elle, prise en charge par la RTBF.

La Sonuma a mis en œuvre un modèle d’archivage numérique respectant les normes et standards internationaux en vigueur et reprenant toutes les activités nécessaires à la numérisation, telles que l’identification des contenus à numériser en priorité, la restauration des supports, la numérisation, le stockage des fichiers, la description documentaire et leur distribution.

La méthodologie de sélection est rigoureuse et basée sur la valeur patrimoniale de l’archive, la valeur éditoriale de l’archive, la valeur commerciale de l’archive, la valeur pédagogique et scientifique et la qualité matérielle du support et l’obsolescence des appareils de lecture.

Pouvez-vous me dire quand la collection sera entièrement numérisée? Le budget prévu sera-t-il respecté? Le catalogue de la Sonuma est-il commun à celui mis en place par la RTBF depuis le 1er janvier 2008?

Où et sous quelles formes le catalogue est-il consultable ? Des partenariats avec des bibliothèques ou des centres d'archives en vue de diffuser le plus largement possible le catalogue sont-ils envisagés ? Le service de prêt est-il déjà fonctionnel? Quels sont les tarifs pratiqués pour le prêt des supports numériques ?

Je vous remercie.






Madame la Députée, Comme je l'ai indiqué en réponse à une question orale de Monsieur DEFOSSE, le 14 décembre 2010, le processus de numérisation des archives audiovisuelles de la RTBF suit son cours, compte tenu des aléas que connaît nécessairement une telle entreprise. Je peux vous dire que les deux marchés annoncés en décembre 2010 ont été attribués. Ils portent sur 23.000 heures de support VHS et 20.000 heures sur support BETACAM. Les prestataires sélectionnés ont testé les lignes de production et la phase industrielle a démarré en janvier 2011. Le travail de numérisation et de préparation de celle-ci a pu être réalisé sur base du capital de la SONUMA. A ce jour, les actionnaires de cette dernière ont libéré, à la constitution, 25pourcents du numéraire soit 6 millions EUR, dont le solde disponible à ce jour est de 4,5 millions. 75pourcents restent donc à libérer, sur décision des actionnaires et en temps opportun. Selon la SONUMA, celle-ci devra réévaluer ses besoins en capital d'ici plus ou moins 5 ans, compte tenu du développement intervenu de ses activités. A l'heure actuelle, la demande d'images d'archives reste faible. Mais ceci est sans doute lié au fait qu'une petite partie seulement des archives audiovisuelles de la RTBF est disponible. Il conviendra certainement de mener des actions spécifiques pour mieux faire connaître l'état des archives disponibles, leurs modes d'utilisation et le coût de leur accès avant que la demande ne se développe. A cet égard, un groupement d'inntérêt économique (GIE) de droit français vient dêtre créé, ce 20 janvier, entre l'INA, la Radio Télévision Suisse Romande, Radio Canada et la SONUMA pour la création d'un portail Internet commun qui rassemblera les fonds des quatre partenaires et permettra aux professionnels du monde entier d'effectuer leurs recherches au moyen d'un moteur de recherche unique. La numérisation des archives de la Comumnauté française autres que celles faisant partie du patrimoine culturel ne relève pas de mes compétences. A cet égard, il faut noter d'emblée que les métions sont très différents. Les collections culturelles patrimoniales numérisées, dont j'ai la charge, ont vocation à être rendues publiques le plus largement et dans les meilleurs délais. Les archives de la Communauté française doivent par contre être gardées confidentielles, dès leur production et pendant un certain délai destiné à garantir le respect de la vie privée de nos concitoyens encore en vie et de leur immédiate descendance. Ceci rend donc très différent le modèle économique sous-jacent à l'activité d'archivage. La SONUMA, pour ce qui la concerne, dispose d'un mandat de vente sur les archives numérisées de la RTBF dans un délai très rapproché par rapport à leur diffusion et donc d'un potentiel de recettes. Ceci n'est pas imaginable pour ce qui concerne les archives de la Comumnauté française. Tout au plus et sauf modification de son objet social, la SONUMA pourrait-elle valoriser le savoir-faire qu'elle aura acquis dans la numérisation de documents écrits liés aux archives audiovisuelles."