Question orale de Madame Olga Zrihen, Députée, à Monsieur Jean-Claude Marcourt, Ministre de l’Enseignement supérieur relative à l’e-learning

Monsieur le Ministre,

Afin de répondre à un manque de place dans certains auditoires, les autorités académiques de l’Université Catholique de Louvain ont été amenées à prendre des mesures particulières. Pour l’année scolaire 2011-2012, la solution a consisté à filmer les cours afin de les retransmettre dans un auditoire voisin et les mettre à disposition des élèves sur Internet. L’expérience a été lancée en 1ere Master. L’objectif est de s’adresser à un public un peu plus mûr, selon le doyen de la faculté. Cependant, dès le second quadrimestre, l’expérience a été étendue à des étudiants de 1ére année de bachelier.

Monsieur le Ministre, cette initiative s’inscrit dans la dynamique de l’e-learning,. Mais je crois qu’il convient de ne pas réduire cette pratique à une solution de secours pour faire face à un manque de place.

L’Union Européenne définit l’e-learning comme « l’utilisation des nouvelles technologies multimédias de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant d’une part l’accès à des ressources et à des services, d’autre part les échanges et la collaboration à distance ».

L’Université Libre de Bruxelles a ouvert la voie en ce domaine en 1998 en mettant en place le premier campus virtuel en Communauté française. Ensuite, la cellule PRAC-TICE a vu le jour, en charge de l’e-learning et des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) au sein de l’ULB. Actuellement, ce sont près de 2000 cours qui sont présents sur le web de cette université virtuelle. L’ ULB travaille de surcroît à d’autres projets d’e-learning tels que l’opération « Objectif réussite », qui consiste en des cours de remédiation en ligne pour les étudiants de 1ere bac suivant des cours de physique de chimie ou de mathématiques.

L’Université de Liège, quant à elle, a inaugurer un processus d’e-learning en 1999, d’abord au sein de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation avant que la cellule Labset (Laboratoire de soutien à l’enseignement télématique) ne soit intégrée à l’IFRES, l’Institut de Formation et de Recherche en Enseignement Supérieur.

Dans nos universités, l’e-learning peut prendre différentes formes : cours filmés, plateforme d’apprentissage, plateforme de collaboration entre étudiants ou encore de dépôt de documents ou d’exercices. Différents outils sont ainsi utilisés : blog, Skype, visioconférence ou encore podcast.

Monsieur le Ministre, en vertu du décret relatif à la gratuité et la démocratisation de l’enseignement supérieur, cette année est la deuxième année où tous les enseignants doivent mettre en ligne leurs notes de cours. Je souhaiterais donc savoir si cette disposition est respectée. Dans quelle mesure les enseignants ont-ils recours à l’e-learning ? Comment inciter encore davantage ce recours ? Quels résultats pour les cours de remédiation en ligne ? Qu’en est-il de la propriété intellectuelle des cours et des notes de cours qui sont déposées sur le web ?

Par ailleurs, au-delà de l’objectif pédagogique de l’e-learning qui est indéniable, cette pratique requiert pour tout étudiant de disposer d’un ordinateur et d’une connexion internet. De plus, l’impression de documents génère aussi un coût qui vient s’ajouter à celui de l’achat de syllabus. Quelles aménagements êtes-vous en mesure d’apporter pour les étudiants dont les moyens financiers sont réduits ?

Monsieur le Ministre, je vous remercie d’avance pour les différentes réponses que vous pourrez apporter dans le cadre de cette problématique.


Réponse de Monsieur le Ministre Jean-Claude MARCOURT à la question écrite de Madame la Députée Olga ZRIHEN

 

L’e-learning est en effet bien plus qu’un palliatif à un manque ponctuel de place dans les auditoires. Il s’agit de tout un ensemble de techniques et de procédures d’apprentissage à distance que les universités et les hautes écoles ont commencé à s’approprier il y a un certain temps déjà.

Je ne ferai pas ici l’inventaire des cours et modules de formations qui existent déjà par ce biais. Les établissements d’enseignement supérieur regorgent d’informations à ce sujet et le site www.ecolenumerique.be qui été mis en place à mon initiative et à celle de ma collègue de l’enseignement obligatoire vous en apprendra davantage que ce que je ne pourrais vous en dire ici.

Je ne dispose cependant pas de statistiques concernant l’utilisation de l’e-learning par les enseignants. Je sais juste que cette technique est largement diffusée au sein de nos universités et hautes écoles, mais probablement pas encore assez. C’est, par exemple, une des raisons du plan TIC pour l’école, déployé en Wallonie. Ce plan vise bien entendu d’abord l’enseignement obligatoire, mais par ricochet, l’enseignement supérieur aussi. Car comment intégrer l’usage des TICE dans l’enseignement obligatoire si les enseignants n’y sont pas formés...

Cela étant, et pour en revenir à vos questions plus précises, il semble que, en général, la disposition imposant à tous les enseignants de mettre en ligne leurs notes de cours semble bien respectée et je n’ai pas été interpellé par des situations problématiques qui n’aient pas trouvé de solution. L’évaluation en sera demandée, ainsi que le décret le prévoit, à l’issue de l’année académique 2012-2013. Je ne manquerai pas de vous en faire part.

Quant aux difficultés auxquelles seraient confrontés les étudiants pour l’impression de leurs notes, je rappellerai que le décret du 6 octobre 2011 sur les supports de cours prévoit un montant de base d’un million d’euros réparti entre les institutions d’enseignement supérieur au prorata de leurs nombres d’étudiants réguliers finançables bénéficiant d’une allocation d’études. Ce montant est destiné à permettre aux services sociaux de ces institutions de venir en aide aux étudiants jouissant d'une allocation d'études et qui en font la demande de bénéficier de l'impression sur papier, à titre gratuit, des supports de cours jugés obligatoires et relatifs au cursus au sein duquel il est inscrit. Dès que les nombres d’étudiants réguliers finançables bénéficiant d’une allocation d’études validés par les commissaires et délégués du gouvernement seront connus, mon administration sera chargée de libérer les fonds.