Question de Mme Olga Zrihen à Mme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale, intitulée « Lutte contre le cyber-harcèlement » (8/01/2103)

 

Depuis le début de la législature, nous avons vu se former un maillage intéressant pour aider les élèves, les enseignants et les personnels du monde scolaire à lutter et à appréhender les différentes formes de violence à l’école.

Depuis le plan d’action visant à garantir un apprentissage serein, en passant par les cellules « bien-être », il existe une série d’outils à disposition de tous. Ils se révèlent malheureusement encore utiles puisque les violences subsistent à l’école, de façon visible ou insidieuse, comme c’est le cas pour le harcèlement dont la variante « virtuelle » n’est pas la moins dangereuse. Madame la ministre, ces dispositifs vous permettent-ils de détecter une spécificité du harcèlement via les réseaux sociaux ? Peut-on estimer l’importance de ce phénomène ? Les enseignants font-ils état de phénomènes émergents ou réclament-ils des moyens de lutte ou de prévention nouveaux ? Un récent colloque, dont les conclusions vous ont été transmises, faisait le point sur les dangers réels ou fantasmés du « grand méchant Web ». Des outils ou des dispositifs sont-ils à l’étude depuis lors ?

 


Réponse de Mme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale. (8/01/2013)

 

Madame Zrihen, nous avons abordé à de nombreuses reprises en commission l’important problème que vous soulevez. Il a par ailleurs fait l’objet de colloques. Nous avons auditionné le 31 mai dernier Pascal Minotte, auteur du livre intitulé Qui a peur du grand méchant Web ? ainsi que le président du Conseil supérieur de l’éducation aux médias et le responsable de la cellule Yapaka. À la suite de ces auditions, j’avais été interpellée par Mme Désir. Le cyber-harcèlement est une forme d’expression

de la violence. À l’école, une démarche éducative implique une approche de prévention et d’accompagnement au bon usage des nouveaux médias. En effet, ils engendrent une nouvelle manière de s’emparer de l’information, de la comprendre, de l’apprécier et de la traiter. Pratiquement, le Conseil supérieur de l’éducation aux médias, les centres de ressources en éducation aux médias et la cellule Cyber-école de l’administration générale de l’Enseignement et de la Recherche scientifique sont chargés de traiter ces questions. Ils proposeront des espaces de dialogue qui prendront la forme de conférences dans  les hautes écoles, de formations, d’outils pédagogiques et d’appels à projets. Les activités seront structurées autour de ces acteurs. Yapaka a également supervisé deux brochures traitant de la question – Qui a peur du grand méchant Web ? et Cyberdépendance et autres  croquemitaines, rédigées par le psychologue Pascal Minotte. Elles sont disponibles sur le site « www.yapaka.be ». En 2012, j’ai aussi soutenu l’initiative conjointe de Média animation et de l’Ufapec qui insiste sur un dialogue nécessaire à propos de l’usage de l’internet à la maison. En effet, si cette formation occupe une place légitime à l’école, le cyber-harcèlement est plus violent en dehors du temps scolaire. Un guide intitulé Internet à la maison en dix questions est disponible sur le site « www.internetalamaison.be ». Il est le résultat d’un travail de discussion avec les parents et peut également servir de support à une conférence d’associations de parents : leur sensibilisation est importante. Certains étaient sidérés des propos écrits sur la toile par leurs enfants.  Au regard de ces éléments, vous conviendrez que les acteurs éducatifs de la Fédération Wallonie-Bruxelles disposent de nombreux outils et d’espaces de dialogue pour envisager, avec les jeunes et les parents, les risques et les opportunités des nouveaux médias.

Mme Olga Zrihen : La difficulté est que le cyber-harcèlement se déroule en dehors du temps scolaire tout en ayant une incidence sur la scolarité des enfants. Comment peut-on en repérer rapidement des indices ? Comment sensibiliser les enseignants à ce que les enfants vivent ? Il faut d’abord utiliser les outils présents dans l’école, que ce soit les cellules de bien-être ou même, s’il le faut, recourir à l’ensemble du réseau pédagogique. Sensibiliser les parents est certes très important. Mais il est tout aussi primordial d’apprendre à détecter les situations traumatiques de violence, peu importe leurs formes. C’est appréhender autrement le travail. Il permet à l’élève de se sentir le mieux possible à l’école où il trouverait un espace de parole et d’expression. Il faut donc s’inscrire davantage dans un dispositif de prévention et de veille.