Question de Mme Olga Zrihen à Mme FadilaLaanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances, intitulée « Projet pilote de prévention » (5/02/2013)

Madame la ministre, les campagnes de prévention n’ont pas toujours l’efficacité voulue. Vous le répétez souvent, il faut adapter le message et le canal au type de prévention. Certains programmes devraient davantage retenir notre attention que d’autres. Je voudrais donc obtenir quelques précisions sur votre projet de sensibilisation des médecins généralistes à l’amélioration du dépistage des cancers colorectal et du sein, et à la prévention de celui du col de l’utérus.

Je sais que vous comptez désigner des ambassadeurs prévention chargés d’établir des contacts directs avec les médecins généralistes pour accroître l’efficacité de la lutte contre ces trois cancers.Ce projet concernera-t-il l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Quel budget y serat- il alloué ? Quel sera le processus retenu ? Quels sont les résultats attendus ? Quels seront les outils d’évaluation ? Dans quels délais sera-t-il réalisé ?


Réponse de Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. (5/02/2013) 

Madame la députée, le projet Ambassadeur de prévention est un projet-pilote que j’ai souhaité pour améliorer le recours aux programmes de médecine préventive. Il est coordonné par la Société scientifique de médecine générale en partenariat avec l’asbl Question Santé, le Centre de dépistage des cancers et la société Quintiles. Le budget consacré au projet s’élève à 90 000 euros. Le crédit a été imputé sur l’année budgétaire 2012 à l’allocation budgétaire 33.02.25 de la DO 16.

Le projet-pilote a démarré le 2 janvier 2013 par une formation intensive de l’ambassadeur de prévention. Les rendez-vous chez les médecins ont commencé le 25 janvier. Environ deux cent cinquante médecins généralistes de la zone de Mons, du Centre et de l’Ouest de Charleroi sont concernés par le projet. Un ambassadeur de prévention visitera chacun de ces médecins. Moyennant leur accord, l’ambassadeur de prévention choisira deux autres visites. Lors de chaque rendez-vous, il est prévu que l’ambassadeur aborde un programme de prévention et consacre un temps d’échange sur le programme abordé lors de la visite précédente. À l’occasion de la première visite, il présentera la Fédération Wallonie- Bruxelles et le dépistage du cancer colorectal. Lors de la deuxième visite, il présentera la prévention du cancer du col de l’utérus par vaccination et par frottis de dépistage. Un rappel et un temps de discussion seront également consacrés au cancer colorectal présenté lors de la première visite. À la troisième visite, l’ambassadeur parlera du dépistage du cancer du sein et évoquera à nouveau le cancer colorectal et la prévention de celui du col de l’utérus.

De manière générale, l’ambassadeur apportera également de l’information sur l’aide concrète, sur les bénéfices de ces programmes pour le praticien et ses patients ainsi que sur leurs limites. Il diffusera des brochures et des affiches sur les programmes de lutte contre ces cancers. Une évaluation très complète est prévue. Le rapport d’évaluation me sera remis au début de 2014. Il est donc prématuré d’envisager une généralisation à la Fédération Wallonie-Bruxelles sans en connaître l’efficacité. Si cette stratégie s’avérait positive, elle ne s’appliquerait pas nécessairement à toute la Fédération Wallonie-Bruxelles mais pourrait viser certains groupes de médecins ou zones géographiques – voire s’appuyer sur des opérateurs locaux. Je préfère néanmoins attendre l’évaluation avant de me prononcer sur le futur du programme. Pour terminer, je préciserai que l’ambassadeur de prévention travaille dans des zones que vous connaissez très bien puisque ce sont celles de Soignies, de La Louvière et du Centre. Peut-être aurez-vous l’occasion de rencontrer cet ambassadeur.

Mme Olga Zrihen : Madame la ministre, je vous remercie pour l’information sur le premier territoire où travaille cet ambassadeur de prévention. L’Observatoire de santé du Hainaut avait fortement insisté sur le lien entre l’évolution de la sociologie des territoires et le volet socioéconomique. Étant donné l’impact de ces trois cancers sur cette population, je me réjouis de cette initiative. Il serait bien de savoir comment les médecins perçoivent ce projet et évaluer rapidement son impact. J’informerai l’Observatoire de santé du Hainaut de cette initiative intéressante.