Question de Mme Olga Zrihen à Mme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire et de promotion sociale, intitulée « Situation à l’Athénée Royal de Lessines" (26/02/2013)

Madame la ministre, en septembre dernier, je vous interrogeais lors de la première séance plénière de cette session parlementaire sur le conflit social à l’Athénée Royal Renée Magritte de Lessines. Les problèmes avec la direction ne s’arrangent pas ; au contraire, depuis la rentrée de septembre 2012, de nouveaux dysfonctionnements ne cessent d’aggraver le climat. Cet établissement scolaire a toujours été réputé pour la qualité de son enseignement mais, en quelques mois, la préfète aurait déstabilisé son organisation. Les conflits font désormais partie intégrante du quotidien.

L’ambiance est qualifiée d’exécrable par certains professeurs, l’organisation interne est défaillante : retards, désorganisation, manque de prévision et de préparation, mauvaise communication aux parents, horaires mal ficelés, agressions verbales, mauvaise gestion du personnel. Malgré quelques actions de grève, des rencontres avec les syndicats et avec un médiateur, l’ambiance est toujours aussi morose. De plus, les contacts du personnel avec la cheffe de l’établissement restent très difficiles à établir. Madame la ministre, quel bilan peut-on tirer de l’action des deux médiateurs ? Les problèmes perdurent depuis la rentrée scolaire 2011 et sont loin d’être résolus. Par ailleurs, nous nous interrogeons sur l’évaluation de la préfète. Quels ont été les résultats et les conclusions ? Que préconisez-vous pour réinstaurer un dialogue entre le personnel et la direction ? Des mesures sont-elles envisagées pour apaiser le climat ? Des aides organisationnelles ont-elles pu se mettre en place ? Bref, quelles sont les avancées depuis la dernière discussion au parlement en novembre dernier ?


Réponse de Mme Marie-Dominique Simonet, ministre de l’enseignement obligatoire et de promotion sociale. (26/02/2013)

Depuis notre dernière discussion, j’ai décidé le 26 novembre 2012 d’organiser un comité d’accompagnement composé de trois chefs d’établissement expérimentés et exerçant leurs fonctions à l’extérieur de la zone concernée. Ce comité était chargé de collationner des informations sur l’organisation des groupes de classe, des horaires des élèves et professeurs depuis la rentrée scolaire 2012-2013, le respect des directives en matière de conseil de classe et de comité de concertation de base. Ce groupe était chargé en outre de comparer le relevé des absences pour maladie au cours du premier trimestre de l’année scolaire 2012-2013 avec celui de l’année précédente pour évaluer la pertinence de l’analyse de risques psychosociaux, d’analyser les projets pédagogiques proposés à la direction, et enfin la chute du taux de population scolaire en première année secondaire. Comme vous pouvez le constater, ces thématiques sont très vastes. Sur les trois premiers points, le rapport remis le 9 janvier 2013 conclut à la normalité de la situation. Le même rapport indique que le déficit du recrutement d’élèves en première secondaire pourrait trouver une explication dans les tensions de la rentrée scolaire et la médiatisation à outrance de certaines actions. Il convient toutefois de signaler que l’athénée a connu une hausse globale de population d’environ trente élèves. Le comité d’accompagnement a souhaité poursuivre son action sur les projets lancés cette année et sur la problématique des inscriptions en première secondaire. J’ai volontiers accepté. Quant au climat, je constate que les arrêts de travail et les grèves ont cessé. Dans son premier rapport, daté du 12 octobre 2012, le préfet médiateur délégué sur place signalait déjà l’existence d’un certain nombre d’irréductibles qui n’accepteraient jamais la nouvelle préfète. L’ambiance, qui n’est pas facile, peut donc être perçue comme exécrable par certains professeurs. Je ne peux donner aucune information sur les propositions qui m’ont été faites par la commission d’évaluation des directeurs stagiaires ou sur l’analyse du centre d’expertise juridique de mon administration. Ces données relèvent de la vie privée.

Mme Olga Zrihen : Il est clair que plusieurs points de vue existent. Cela me fait penser au film « Mon oncle d’Amérique ». Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de réaction que la situation n’est pas grave. À un moment donné, les gens intériorisent tellement les difficultés qu’ils finissent par ne plus pouvoir réagir. Cependant, nous continuons à recevoir des signaux d’alarme à propos d’une situation qui obère le développement pédagogique de cette école. Sachant que se présente une situation similaire dans un autre établissement, j’ai le sentiment qu’il y a une incapacité à intervenir. Bref, le problème reste entier malgré toutes les informations qui vous parviennent. Je trouve quand même que ce travail devrait incomber à une direction. Il est interpellant qu’il faille solliciter l’intervention d’un comité d’accompagnement. Il me semble qu’il y a un manquement.

Mme Marie-Dominique Simonet : J’ai mandaté un comité d’accompagnement composé de trois chefs d’établissement expérimentés et chargé de recueillir des informations sur les griefs exprimés à l’encontre de la préfète concernant le respect des directives relatives aux conseils de classe, à la mise en place de groupes de classes, aux horaires d’élèves et au relevé des absences. Pour ces trois points, le comité d’accompagnement n’a pas constaté de carences de la part du chef d’établissement.

Mme Olga Zrihen : Je vous remercie pour cette précision. Je vous interrogerai à nouveau dans quelque temps pour m’informer de l’évolution de la situation. En tout cas, je persiste à croire qu’il n’est pas normal de devoir installer un comité d’accompagnement permanent pour surveiller le comportement d’une direction.