Question de Mme Olga Zrihen à Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances, intitulée « Semaine de la vaccination» (07/05/2013)

 

Du 22 au 26 avril dernier a eu lieu la Semaine européenne pour la vaccination, menée par l’Organisation mondiale de la santé. Le but recherché était de sensibiliser la population en lui apportant des informations pertinentes et scientifiques quant aux risques encourus en cas de non-vaccination.

En quelques décennies, la vaccination a en effet permis la disparition presque totale de certaines maladies autrefois considérées comme dangereuses : diphtérie, tétanos, méningocoque de type C, rubéole, poliomyélite, etc. Cependant, depuis 2011, certaines maladies sont revenues sous la forme d’épidémies. C’est le cas de la rougeole ou des oreillons. Ce phénomène s’explique par un manque de vigilance et une minimisation des risques par la population. Cette imprudence se traduit par une couverture vaccinale insuffisante. D’un point de vue scientifique, nonante-cinq pour cent de la population doivent être vaccinés avec au moins une ou deux doses pour contrôler les éventuelles épidémies et éviter la transmission de certaines maladies. Au-delà du taux de vaccination requis, les personnes non vaccinées sont également protégées. C’est le concept de vaccination collective. Malheureusement, la plupart des gens ne sont pas suffisamment informés au sujet de la vaccination.

Madame la ministre, des actions ont-elles été menées par la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre de cette semaine européenne de prévention pour la vaccination ? Quels sont les dispositifs mis en place pour informer au mieux la population quant aux risques encourus pour elle-même et pour les autres en cas de non-vaccination ? Pouvez-vous nous communiquer des chiffres sur la proportion de personnes non vaccinées en Wallonie et à Bruxelles ?

 


 

Réponse de Mme Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. (7/05/2013)

Dans le cadre de la Semaine européenne de la vaccination, un courrier a été adressé à tous les médecins vaccinateurs francophones. Il avait pour objectif de les sensibiliser à la vaccination. Concrètement, il transmettait une synthèse de l’évolution des couvertures vaccinales en Fédération Wallonie-Bruxelles, la nouvelle édition de la brochure Vacciner ? Mieux comprendre pour vacciner, ainsi que la nouvelle affiche de sensibilisation à la vaccination.

Ce courrier rappelait également la disponibilité du Cervarix R pour les jeunes filles de treize à quatorze ans, distribué gratuitement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les objectifs du programme de vaccination sont d’obtenir, à chaque âge recommandé, le niveau de couverture permettant de protéger le maximum d’individus lorsqu’il s’agit de vaccination contre des maladies non contagieuses, comme le tétanos, et de protéger au maximum la population en limitant, voire en éliminant la circulation de pathogènes contagieux au sein de la communauté. Dans ce dernier cas, le seuil critique de couverture vaccinale peut être défini comme celui au-delà duquel le potentiel épidémique disparaît. Il varie en fonction de chaque pathogène, allant de 66 à 70 % pour le pneumocoque et jusqu’à 92 à 95 % pour la coqueluche, la rougeole et l’haemophilus influenzae de type B (Hib). Pour l’hépatite B et le rotavirus, le seuil critique n’est pas établi. Quand ils sont connus, ces seuils aident à déterminer les objectifs généraux du programme. En 2012, les couvertures de l’haemophilus influenzae de type B (quatre doses) et du méningocoque de type C (une dose) des nourrissons sont respectivement de 89,4 % et de 89,6 % en Wallonie et de 90,1 % et 89,4 % à Bruxelles. Pour le pneumocoque (quatre doses), elles sont de 89,2 % en Wallonie et de 90,1 % à Bruxelles. Pour la rougeole, les oreillons et la rubéole, un taux de 94 % a été atteint chez les nourrissons pour la première fois en 2012, aussi bien à Bruxelles qu’en Wallonie. Par contre, la dernière mesure réalisée en sixième primaire en 2009-2010 atteint seulement 75,5 %. Les chiffres disponibles ont été synthétisés sous la forme d’une plaquette. Je vous en remets un exemplaire pour votre complète information. Enfin, pour répondre à votre question sur la concertation avec mon collègue Jean-Marc Nollet en charge de l’Enfance, je vous dirai que l’association Provac, qui a pour mission d’organiser la vaccination sur le terrain, entretient des contacts réguliers avec l’ONE pour les aspects opérationnels. Il appartient dès lors aux médecins de l’office de proposer les vaccinations faisant partie du circuit de distribution de la Fédération Wallonie-Bruxelles au sein de ses dispositifs.

Réplique de Mme Olga Zrihen :  Je crois savoir que les jeunes enfants disposent d’un carnet de vaccination. Ne serait-il pas intéressant de l’informatiser pour que les informations qu’il contient soient directement accessibles sur Internet ? Ce serait, me semble-t-il, utile pour les médecins disposant du système de soutien médical. Cela permettrait de faciliter le suivi des rappels de vaccins. En effet, qui se souvient de la date exacte de son dernier rappel de vaccin contre le tétanos, par exemple ? Cette procédure pourrait être mise en place en concertation avec l’ONE.