Question de Mme Olga Zrihen à Mme Évelyne Huytebroeck, ministre de la Jeunesse, relative au « Programme jeunesse en action »

Madame la ministre,

Le programme Jeunesse en action lancé en 2007 est le fruit de la décision du 15 novembre 2006 du Parlement européen et du Conseil. Son but est de favoriser la mobilité des jeunes dans l’Union européenne et au-delà de ses frontières. Il promeut l’apprentissage informel et le dialogue interculturel en encourageant l’inclusion de tous les jeunes sans tenir compte de leur milieu éducatif, social et culturel. Ce programme est destiné aux jeunes de quinze à vingt-huit ans – dans certains cas, de treize à trente ans – et représente un budget total de 885 millions d’euros pour sept ans, de 2007 à 2013. Il permet de soutenir un large éventail d’activités. Le programme se donne à cet effet divers objectifs généraux, à savoir promouvoir la citoyenneté active et la citoyenne européenne, développer la solidarité et la tolérance auprès des jeunes afin de favoriser la cohésion sociale et l’interculturalité, renforcer la compréhension mutuelle entre jeunes issus de pays différents, contribuer à l’amélioration de la qualité des systèmes soutenant les activités des acteurs de jeunesse et les capacités des organisations de la société civile dans le domaine de la jeunesse et, enfin, de promouvoir la  coopération européenne dans le domaine de la jeunesse. Ce programme n’en est pas le premier essai de l’UE ; il s’appuie sur des précédents. Il résulte aussi d’une importante consultation des différentes parties prenantes dans le secteur de la jeunesse et vise à répondre aux évolutions et aux besoins des jeunes au niveau européen. À la veille des élections européennes, il a donc toute son importance. Madame la ministre, quel est le bilan de ce programme au niveau belge ? Combien de jeunes belges sont-ils concernés en Fédération Wallonie-Bruxelles ? Quid de la comparaison avec les autres États membres ? Une concertation a-t-elle déjà eu lieu à l’échelon européen pour élaborer un nouveau programme prenant effet à partir de 2014 ? Quelle collaboration avez-vous avec le ministre des Affaires internationales ?

 


Réponse de Mme Evelyne Huytebroeck, Ministre de la Jeunesse.

Le programme Jeunesse en action est organisé par le Bureau international Jeunesse (BIJ), qui est aussi responsable d’autres programmes de mobilité à destination des jeunes résidents en Wallonie et à Bruxelles. Le BIJ a d’ailleurs organisé les programmes européens depuis leur lancement, il y a plus de vingt-cinq ans. Le programme Jeunesse en action connaît un succès croissant. Au total, pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, 13 330 jeunes, dont 10 934 francophones, ont bénéficié d’un financement pour réaliser leurs projets. Ce chiffre ne tient pas compte de l’année 2013 pour laquelle des projets sont toujours en cours de réalisation. D’ores et déjà je peux vous dire que l’évaluation est très positive et que chaque année, la totalité des fonds européens est attribuée au financement des projets. Je vous invite à prendre connaissance des bilans annuels du BIJ, détaillés et illustrés de nombreux témoignages. Il y est mis en évidence que 60 pour cent des jeunes bénéficiaires sont issus de milieux peu favorisés ou qu’ils ont eu un parcours difficile. La Commission européenne considère que le programme remplit ses objectifs en Belgique en comparaison avec les autres États membres. Une étude lancée en mars 2011 sur un échantillon de 5 300 participants au programme Jeunesse en action a donné une image très positive de la qualité de l’impact du programme sur les aptitudes et les compétences. Quelque 91 pour cent des jeunes interrogés considèrent que la participation au projet Jeunesse en action a augmenté leurs compétences dans une langue étrangère ; 75 pour cent ont appris à mieux identifier les opportunités futures de développement personnel ou professionnel ; 73 pour cent ont déclaré se sentir plus européens ; 92 pour cent des travailleurs du secteur de la jeunesse considèrent qu’ils ont acquis des compétences et des aptitudes qu’ils n’auraient pas acquises autrement ; enfin, 73 pour cent des organisations de jeunesse ont constaté une augmentation de leur nombre de projets internationaux. Le nouveau programme Erasmus plus sera adopté dans les prochaines semaines. J’aimerais souligner qu’il tient compte des revendications du secteur de la jeunesse défendues par la Belgique qui s’est montrée active dans les négociations. Le programme comprend un chapitre spécifique pour des projets qui se déroulent dans un cadre non scolaire et qui concernent principalement les organisations de jeunesse et les maisons de jeunes. Ce nouveau programme fait déjà l’objet de séances d’information organisées par le BIJ en collaboration avec le secteur de la jeunesse. Enfin, mon collègue des affaires internationales et moi-même sommes tous deux l’autorité de l’Agence nationale pour la Belgique francophone du Bureau international jeunesse en Fédération Wallonie-Bruxelles. Notre collaboration est fructueuse et nos points de vue sont complémentaires ; grâce à WBI, des crédits des relations internationales viennent en soutien ou en complément des dispositifs européens pour permettre aux jeunes de réaliser leurs projets à l’étranger.

 


Réplique de Mme Olga Zrihen : Madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse détaillée.

En effet, nous nous posons de nombreuses questions sur l’enjeu des prochaines élections  européennes pour les jeunes. De telles initiatives nous incitent à l’optimisme. Malheureusement, on n’en parle pas assez. Comment renforcer la communication afin d’améliorer l’image européenne ?

L’année 2013-2014, année de la citoyenneté et de la jeunesse, pourrait être mise à l’honneur avec les programmes spécifiques au bénéfice de la jeunesse afin de fournir la preuve que l’Europe et la Fédération Wallonie-Bruxelles placent les jeunes au cœur de leur dispositif.