Question de Mme Olga Zrihen à Mme Joëlle Milquet, Vice-Présidente et Ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, intitulée « Management virtuel des apprentissages »

Madame la Ministre,

Depuis le mois de septembre, quinze écoles francophones testent la plate-forme Claroline Connect. Pour rappel, cette plateforme de management virtuel des apprentissages a vu le jour en 2001 dans notre pays, avant de rencontrer un certain succès mondial. Elle a en effet été traduite en 35 langues et est utilisée dans plus de 5 000 institutions et plus de 100 pays.

 

Selon certains, les avantages d’une telle initiative numérique résident dans le fait qu’elle réunit des informations programmatiques utiles aux élèves mais aussi sur eux-mêmes. Elle leur permet donc de mieux identifier et, le cas échéant, de résoudre au plus vite un éventuel problème scolaire.Cette initiative permet également de récupérer des élèves dits « ascolaires » car il est possible de faire des exercices en ligne et d’obtenir les corrections. Enfin, les codes des réseaux sociaux – instantanéité et transversalité – parlent aux jeunes. Nombreux considèrent également que l’usage de cette plateforme permet de créer un véritable parcours d’apprentissage respectant le profil de l’apprenant.

Quelques problèmes persistent néanmoins. Ils sont essentiellement d’ordre budgétaire et humain. Même si cette plateforme est téléchargeable gratuitement, elle nécessite un hébergement et des modalités de maintenance. Elle nécessite le détachement à temps partiel d’une personne issue du corps professoral de chaque établissement développant l’initiative pour la bonne implémentation du système.

Cette initiative est importante. Elle s’inscrit dans l’évolution des usages et tend à faire rentrer l’école fondamentale dans le XXIe siècle. Vos services ont-ils déjà pu tirer des conclusions de ces initiatives de management numérique des apprentissages développées dans quelques écoles francophones ? Une réflexion plus globale a-t-elle été menée en vue de généraliser l’outil à l’ensemble des établissements scolaires ?

Qu’en est-il du véritable impact budgétaire et humain concernant la mise en œuvre généralisée d’un tel système de management des apprentissages ? Une perspective d’ancrage généralisé est-elle envisageable sachant qu’un dispositif plus ou moins similaire existe dans l’enseignement supérieur ?


Réponse de Mme Joëlle Milquet, Vice-Présidente et Ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, à la question de Mme Olga Zrihen sur le « Management virtuel des apprentissages »

Madame la Députée,

Vos questions sur l’A.S.B.L. Claroline Connect, acronyme de « classrooms online », arrivent à point nommé puisque nous en avons rencontré l’équipe fin décembre. Nous analysons avec cette A.S.B.L. les possibilités d’équiper les écoles de cet espace numérique de travail entièrement modulable par les établissements scolaires. Cet espace propose non seulement des services de vie scolaire – notes, prises d’absence en temps réel, horaires des agendas, messagerie intégrée – mais également des services pédagogiques permettant d’innover dans les approches didactiques – manuels numériques, espaces de travail et de stockage communs aux élèves et aux enseignants.

Nous envisageons un partenariat qui permettrait d’offrir un accès direct à une plate-forme Claroline dédiée à chaque école. Cela participe à notre processus de transition numérique. De telles plates-formes peuvent former un réseau de plates-formes amies installées dans plusieurs écoles, communautés d’enseignement ou régions, favorisant ainsi les échanges de ressources pédagogiques.

Nous voulons également créer des outils pour aider les écoles à franchir plus facilement le pas du numérique et à se libérer d’une série de tâches. Dès qu’un établissement décide de partager une ressource, elle peut être validée et interconnectée. Une telle démarche exige des conseillers pédagogiques, des équipes de pilotage et des formateurs à l’apprentissage en ligne, aux technologies de l’information et de la communication, tout cela dans le cadre de cours ouverts en ligne (Mooc, massive open online course).

Vous avez raison, une telle évolution nécessitera un budget considérable. Nous devrons réaliser des économies, acheter avec des centrales d’achat et des marchés publics communs, envisager le cofinancement entre établissements et administrations de la Fédération. Les échos des quinze écoles en test sont extrêmement positifs, tant chez les enseignants que chez les élèves.

Un groupe élargi à des écoles pionnières pourrait disposer de cette plate-forme pour la rentrée 2015. Environ cinquante écoles sont concernées. Les autres pourraient en disposer au cours de l’année 2015-2016.


Réponse de Mme Olga Zrihen


Je me réjouis de constater que dans le Pacte d’excellence, ce genre d’initiatives suscite votre intérêt. Nous devrons suivre la voie de la transition numérique.

Pas moins de quinze écoles participent déjà à l’expérience. Il serait bon qu’une évaluation des obstacles soit réalisée. J’ai constaté qu’entre le lancement des projets, l’installation des équipements et la sécurisation des écoles, le temps écoulé était tel que les ordinateurs étaient presque devenus obsolètes... J’admets que de tels projets sont soumis à des contraintes budgétaires, mais des priorités doivent être fixées, comme cela se fait dans des établissements de l’enseignement universitaire comme les Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur.

Je réitère ma demande d’organiser un colloque sur la fracture numérique et les initiatives pour la réduire. Ce projet en constituerait un chapitre et les écoles participantes pourraient partager leur expérience.