Question de Mme Olga Zrihen à Mme Joëlle Milquet, Vice-Présidente et Ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, intitulée « Programme d’ouverture aux langues et cultures »

Madame la Ministre, 

Le programme d’ouverture aux langues et cultures est un projet intéressant dont la nécessité s’avère plus grande encore dans le contexte actuel. Il s’inscrit dans la droite ligne du décret « missions » et dans la volonté d’ouvrir les élèves au pluralisme et aux autres cultures. Ce programme propose essentiellement des cours d’ouverture aux langues et cultures assurés conjointement par l’enseignant issu de l’un des huit pays partenaires et par l’instituteur ou le professeur titulaire. Ces activités d’éducation à la diversité culturelle se basent sur e témoignage privilégié de l’enseignant invité.

 

Il me revient toutefois – et je pense que certains de mes collègues ont reçu la même information – qu’une quarantaine de professeurs marocains rencontreraient des difficultés pour venir en Belgique via le programme d’ouverture aux langues et cultures. Plus précisément, la Belgique n’aurait pas accordé les visas nécessaires. Avezvous eu vent de ce problème ? Le cas échéant, qu’en est-il ? Pouvez-vous y remédier rapidement pour que chacun puisse reprendre le cours normal de ses projets ?


Réponse de Mme Joëlle Milquet, Vice-Présidente et Ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, intitulée « Programme d’ouverture aux langues et cultures »

Madame la Députée,

Cette affaire est une vraie saga dont j’ai hérité. Le programme belge compte huit partenaires pour l’année 2014-2015. Tout se passe au mieux pour sept d’entre eux. Avec le Maroc, des difficultés totalement étrangères à mes compétences ont fortement perturbé le processus d’affectation du nouveau contingent de trente professeurs résidant au Maroc. Sur quarante enseignants officiant dans le programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles, trente-sept n’ont pas été renouvelés par le partenaire marocain pour l’année 2014-2015. Avec le transfert des compétences, notamment la délivrance de permis de travail, des discussions juridiques complémentaires ont porté sur l’accueil des professeurs OLC. Il s’agirait de coopération et non de contrat de travail. Les demandes de permis de travail ne seraient donc pas juridiquement adéquates.

Cela nous a amené à prendre contact par télé- phone avec l’Office des étrangers, les régions, les Affaires étrangères, l’Ambassade du Maroc, etc. Une réunion s’est tenue avec le ministère des Affaires étrangères le 16 décembre dernier puisqu'il y avait un refus d’octroi de visa. Le 19 décembre, j’ai demandé par écrit à l’administration de prendre les dispositions nécessaires dans le cadre de la concertation avec les entités concernées. Le 7 janvier, nous avons envoyé à la délégation WBI à Rabat tous les documents administratifs permettant un traitement individuel des dossiers pour l’obtention du visa. Le 21 janvier, l’Office des étrangers nous a transmis un avis positif. Les personnes concernées pourront donc être régularisées dans les prochains jours. Petite réflexion personnelle, je me demande si nous n’avons pas chez nous suffisamment de personnes ressources pour parler du Maroc.


Réplique de Mme Zrihen

Madame la Ministre,

Je suis également ravie que la saga ait pris fin. J’ai participé à l’accueil extrêmement intéressant d’enseignants tunisiens par les Filles de Marie de La Louvière. Ces échanges amènent une réelle plus-value. Le contexte actuel a provoqué un raidissement chez certains, c’est désolant. L’initiative reste néanmoins intéressante, il faut la poursuivre. Elle prend tout son sens avec le travail que nous menons sur la citoyenneté. Il est nécessaire de mettre en contact toutes les cultures si nous voulons développer le sens du pluralisme chez nos élèves.