La nouvelle chaire San Suu Kui offre l'occasion de se pencher sur l'engagement citoyen dans l'enseignement supérieur - Question orale de la députée Olga Zrihen au ministre Jean-Claude Marcourt, le 24 novembre 2015, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Mme Olga Zrihen (PS). – Le 27 octobre, l’UCL a inauguré la Chaire San Suu Kyi, du nom de la militante pacifiste birmane, «Democratie, Cultures et Engagement», avec pour objectif de relancer et de repenser l’engagement politique et citoyen. La chaire s’organisera autour de quatre piliers: des cycles de conférences internationales, le financement de recherches, la création d’une plateforme d’information multilingue et le lancement d’un certificat universitaire sur les défis et dilemmes de l’engagement.

En parallèle, les différents modes de militantisme non violents et leurs conséquences sur la vie personnelle et sociale de celui qui s’engage seront parmi les sujets abordés. Cette initiative part du constat que le militantisme traditionnel peine à se renouveler et entre dans le cadre de l’année «Utopie des temps présents».

Ce type d’initiative permet aux universités de renouer avec leurs fondamentaux, à savoir contribuer à la création d’une société de citoyens à l’esprit critique et engagé dans la construction de notre société.

En ce sens, cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’esprit du cours de philosophie et de citoyenneté adopté le mercredi 21 octobre, qui soulignait la nécessité d’encourager un esprit citoyen et critique.

Monsieur le Ministre, des initiatives similaires sont-elles à l’ordre du jour dans d’autres universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles? De quels leviers dispose la Fédération Wallonie-Bruxelles pour motiver et repenser l’engagement citoyen à travers son réseau d’enseignement supérieur?

M. Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias: Je salue évidemment l’initiative qui, à travers cette chaire, permet de repenser l’enseignement citoyen. Cette action n’est évidemment pas isolée au sein de la communauté universitaire. II faut rappeler qu’en dehors de la recherche et de l’enseignement, le troisième grand pilier de nos universités est le service à la communauté. Ce service peut prendre des formes très variées comme la création de chaires, l’attribution de doctorats honoris causa, l’organisation de conférences ou la coopération au développement. La liste est particulièrement longue.
En ce qui concerne les chaires, chaque université en organise chaque année de très nombreuses et je ne peux pas les citer toutes ici. Elles sont variées et concernent tous les domaines d’études que ce soit l’histoire, le droit, la philosophie ou les sciences. Elles touchent toutes directement notre engagement citoyen.

Je voudrais également mentionner les doctorats honoris causa attribués à titre honorifique chaque année par les universités à des personnalités politiques, culturelles, sportives ou autres, qui créent un lien fort avec la société et montrent l’engagement citoyen de l’université. Ces deux exemples ne sont que le sommet de l’iceberg de l’engagement des universités à développer un esprit citoyen et critique. Je ne crois pas que la Fédération Wallonie-Bruxelles ait besoin actuellement de leviers pour motiver et repenser l’engagement citoyen à travers son réseau d’enseignement supérieur, car nos institutions, à travers leurs missions de service à la communauté, s’en chargent déjà avec succès. Je les félicite, mais je veux aussi les encourager à continuer à développer leurs actions menées en ce sens. Nous aurons certainement l’occasion de voir fleurir d’autres exemples dans les mois et années à venir.

Mme Olga Zrihen (PS). – Il me semble extrêmement important que l’attribution de titre de docteur honoris causa ou la création de chaires spécifiques fassent l’objet d’une publicité. Elles sont le fleuron de notre culture et valorisent des valeurs plus qu’honorables de notre société comme la dignité, l’engagement ou le sens de la citoyenneté.
Les personnes chargées de ces chaires ou récompensées par le titre de docteur honoris causa sont tellement remarquables qu’il serait intéressant de leur consacrer un annuaire ou un bottin.