De nouveau référentiels sont finalisés. Ils intégreront "l’apprentissage des langues en Europe, à l’école ou lors de formations pour adultes, chaque niveau de formation correspondant à des critères précis". Question orale posée en commission Education du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le mardi 08 décembre 2015.

Mme Olga Zrihen (PS). – La société Education First vient de publier son classement mondial de la maîtrise de l’anglais. Le test a été passé par 910.000 personnes dans 70 pays. Si la Belgique est bien placée dans le classement, son niveau moyen reste encore inférieur à celui de ses voisins, le Luxembourg et les Pays-Bas.

 

Ce classement laisse entrevoir des disparités régionales: les néerlandophones réalisent un score de 62,20 contre 57,94 pour les francophones. Pourtant, de nombreux efforts ont été déjà été réalisés dans la partie sud du pays avec les chèques langues, la plateforme Wallangues ou encore les bourses pour apprendre la langue à l’étranger.

Il semble aussi que le niveau en Belgique tend à stagner et que notre pays se voit dépassé par de nouveaux pays, principalement d’Europe de l’Est qui ont consenti d'importants efforts pour améliorer la qualité de l’éducation et l’apprentissage des langues.

Le peloton de tête est, quant à lui, composé de pays scandinaves où l’enseignement de l’anglais occupe une place centrale et bénéficie d’un statut spécial. Dans ces pays, depuis les années 70, tout citoyen interpellé dans la rue répond immédiatement en anglais.

Ce classement nous rappelle que les défis à relever en matière d’enseignement des langues sont encore nombreux. Ils sont essentiels en Belgique, devenue l’épicentre de l’Union européenne.

Madame la Ministre, la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit-elle de nouveaux dispositifs en vue d’améliorer son niveau de formation et de maîtrise des langues étrangères et de l’anglais en particulier? De quels leviers dispose la Fédération Wallonie-Bruxelles pour motiver l’ouverture culturelle des jeunes à l’anglais, outre la lecture d’ouvrages ou le visionnage de films en version originale sur les chaînes de télévision? Ne serait-il pas intéressant d’envisager des journaux télévisés en langue originale, voire sous-titrés? Comment la Fédération Wallonie-Bruxelles entend-elle coopérer à la promotion de l’anglais dans le monde, considérant les besoins des deux axes essentiels de développement que sont la formation et le travail?

Existe-t-il une moyenne pour la Belgique des résultats au Test TOEFL, le test le plus largement répandu dans le monde qui permet, lors de la présentation d’un CV, une appréciation uniforme du niveau de connaissance de l’anglais?

Réponse de Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – J’ai une bonne nouvelle à annoncer à M. Bouchez [qui a posé une question orale sur le même objet]! Je ne dirai pas que ce sujet fait partie du Pacte d’excellence et qu’un plan est en cours, mais nous procédons à la finalisation d’un travail qui sera présenté au début de l’année prochaine.

En effet, voici près d’un an et demi, nous avons lancé la dynamique des nouveaux référentiels en langues concernant l’enseignement dans son ensemble: les socles de compétences de 6 à 14 ans, les compétences terminales et l’enseignement qualifiant.

Il s’agissait d’intégrer, de manière très précise, dans les référentiels le cadre européen commun de référence qui inclut les paramètres généraux et précis de l’apprentissage des langues en Europe, à l’école ou lors de formations pour adultes, chaque niveau de formation correspondant à des critères précis.

Les référentiels qui viennent d’être finalisés représentent une véritable révolution en Fédération Wallonie-Bruxelles.

J’ai rencontré voici une semaine tous les représentants du groupe référentiel. Ils ont précisé, de la première primaire jusqu’à l’âge de 18 ans, l’ensemble des référentiels, en fixant des objectifs très clairs et précis, selon des standards européens, comme en Suède, sur les différentes langues. Ces représentants viendront présenter leur travail début 2016.

Comme nous leur avions demandé, ils ont privilégié l’oral à l’écrit, s’écartant ainsi de la vision francophone, latine ou romaniste consistant à appréhender les référentiels en privilégiant la connaissance des règles grammaticales avant d’oser s’exprimer. Cela ne signifie pas dire que l’on néglige complétement les règles et l’écriture, mais on accorde plus de priorité à l’oral.

(...)

Mme Olga Zrihen (PS). – Vous avez mis l’accent sur deux axes, privilégier l’oral à l’écrit et se replacer dans un cadre commun de références avec les standards européens, ce qui nous permettra, dans deux ans, de vous réinterpeller sur les progrès qui auront été réalisés, ce dont je ne doute pas.