Madame la Ministre,

Il y a peu [note du webmaster: la question fut déposée le 20 janvier 2015], en Commission, vous avez signifié votre volonté de réformer le secteur des écoles des devoirs qui, à n’en pas douter, constitue un des outils clefs de lutte contre l’échec scolaire.

L’objectif poursuivi est d’améliorer l’efficacité de ces services et d’assurer une meilleure cohérence de l’offre pédagogique.

Le budget alloué à ces écoles des devoirs sera donc porté à 1,5 millions d’euros au cours de l’année 2015 – alors que ce budget se situait aux alentours de 1,2 millions d’euros en 2014. Par ailleurs, il est émis le souhait de voir augmenter les moyens attribués à ce secteur à hauteur de 3% par an dans les années à venir.

Madame la Ministre :

·Cette volonté de réforme s’inscrit-elle dans le prolongement du premier état des lieux des écoles de devoirs « Ecoles des devoirs : Etat des lieux, des réalisations, des besoins et des enjeux » établi par l’Observatoire de l’enfance, de la jeunesse et de l’aide à la jeunesse (OEJAJ) sur base de l’analyse des rapports d’activités de 2008 à 2011 ?

·S’il semble établi que cette prochaine réforme tend à répondre aux revendications émises par le secteur dans le domaine budgétaire, qu’en est-il des demandes relatives à l’accessibilité de ce secteur (lequel apparaît comme saturé), celles liées à la formation continue des équipes pédagogiques (point noir de l’étude menée par l’OEJAJ) ainsi que liées aux partenariats (dès lors que les approches des écoles des devoirs semblent être en grande partie méconnues par les partenaires potentiels) ?


Je vous remercie par avance pour vos réponses.

Olga ZRIHEN
Députée de la Fédération Wallonie-Bruxelles

 


Réponse de Madame Milquet, Ministre de l’Education, de la Culture et de l’Enfance:

Madame la Députée,

(...) [note du webmaster: d'autres députés ont depuis lors joint leurs questions auxquelles la Ministre répond par un envoi unique pour tous]

Comme vous le savez, dès 2016, un montant de 850.000 €  va être dégagé pour les Ecoles de devoirs soit, une augmentation de près de 70% pour ce secteur.

Concrètement, il s’agit de :

• soutenir les Ecoles de devoirs actuellement reconnues à hauteur de 450.000 € par une augmentation du montant de référence du forfait de base reçu par chaque association (passant de 1.230 à 3.120 €).

• Régulariser les Ecoles de devoirs non reconnues et créer de nouvelles Ecoles de devoirs, par appel à projets, afin d’assurer l’augmentation de l’offre attendue par les parents à hauteur de 400.000 €. Ceci sera facilité par la suppression de l’année d’attente entre la notification d’un agrément et le subventionnement.

• Lancer une campagne de promotion qui sensibilisera à un engagement de volontaires à hauteur de 37.000€.

 
Dans l’exposé des motifs du décret relatif aux écoles de devoirs de 2004, on trouve la définition suivante :

Respect  du cadre légal

« Une école de devoir est une structure d’accueil des enfants et des jeunes de 6 à 18 ans, indépendante des établissements scolaires et participant à la vie d’une commune, d’un village, d’un quartier ou d’un hameau, qui développe, en dehors des heures scolaires, sur base d’un projet pédagogique et d’un plan d’action et avec le soutien d’une équipe d’animation qualifiée, un travail pédagogique, éducatif et culturel de soutien et d’accompagnement à la scolarité et la formation citoyenne ».

Je me suis déjà exprimée à ce sujet devant  la Commission de la Culture et de l’Enfance du Parlement de la Communauté française  et  je vous renvoie à ma réponse concernant vos questions.

Je rappelle mon affirmation et ma volonté d’un partenariat plus clair avec le monde scolaire tout en soulignant que la remédiation appartient à l’école. Je n’ai pas utilisé le mot « réforme » mais j’ai incité à une réflexion en la matière.

Articulation Ecole et Ecoles des devoirs

Il est indispensable de trouver un espace-temps commun à l’école et à l’Ecoles des devoirs pour que la rencontre puisse se faire et la collaboration se mettre en place. Il y a des lieux de rencontre qui existent déjà, il reste à voir dans quel contexte ils peuvent être utilisés :
• La CCA (Commission communale de l’accueil)
• Le Conseil de participation des écoles
• La cellule bien-être

Efficacité des Ecoles des devoirs

Certains éléments peuvent participer à une amélioration de l’efficacité des Ecoles des devoirs :

1. Une professionnalisation accrue du secteur, notamment par un soutien à la formation.

2. Un renforcement de l’accompagnement qualitatif réalisé par les coordinations régionales des Ecoles des devoirs, voire de l’ONE, en fournissant les moyens humains pour le réaliser.
3. Une simplification administrative, notamment par la mise sur pied de processus permettant de rentrer les demandes de subventions en ligne, de disposer de dispositifs informatiques permettant de prendre les présences au quotidien directement dans le format requis par l’administration. Le gain de temps pourra alors être investi dans une amélioration de la qualité de l’accueil.

Pour donner les meilleures chances de succès aux structures des Ecoles des devoirs, les complémentarités qui se sont établies localement entre le temps scolaire et les activités des Ecoles des devoirs doivent s’approfondir. C’est le sens de mon soutien et de mes engagements pour lutter contre les inégalités sociales et le décrochage scolaire.

Je vous remercie pour votre question.
                     

Joëlle MILQUET
Vice-présidente et Ministre de l’Education, de la Culture et de l’Enfance