Hier, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous recevions l'excellent Délégué Général aux Droits de l'Enfant, Bernard De Vos. L'occasion, pour moi, de revenir sur les Dispositifs d'Accueil et de Scolarisation des élèves Primo-Arrivants (DASPA). Plus exactement, sur l'orientation qu'on impose aux jeunes qui sortent de ces dispositifs, trop souvent embarqués dans l'enseignement spécialisé de type 1 (adapté aux enfants présentant un léger retard mental, 55 < QI < 70) ou de type 8 (adapté aux enfants présentant des troubles instrumentaux).

Intervention:

Mme Olga Zrihen (PS). – Ma question concerne les DASPA (Dispositif d'Accueil et de Scolarisation des élèves Primo-Arrivants).

Ce dispositif d’accueil et de scolarisation des élèves primo-arrivants est un élément clé de l’accueil, de l’intégration et de perspectives pour ces jeunes.

De nouveaux systèmes DASPA ont été mis sur pied par la ministre de l’Éducation, mais, comme les dispositifs précédents, si l’objectif est d’intégrer, dans les délais les plus brefs, les filières classiques d’enseignement, de véritables problèmes subsistent.

De nombreux jeunes sortant des DASPA sont orientés non pas en fonction de leurs capacités vers l’enseignement qu’ils sont en droit d’espérer, mais vers l’enseignement de type 1 et 8. En fait, ils n’ont pas de véritables problèmes linguistiques, mais, comme il est difficile d’acquérir rapidement nos dispositifs de phonèmes et d’expressions, ils sont victimes d’un handicap dans l’acquisition de concepts ou la traduction au niveau de nos valeurs culturelles.

L’orientation vers ce type d’enseignement spécialisé est souvent peu pertinente.

Pourrait-on imaginer, en collaboration avec le Délégué aux droits de l’enfant, un dispositif d’examens et de suivi permanent pour ces jeunes? Je citerai le cas d’une jeune Chinoise qui avait d’énormes difficultés pour l’apprentissage du français, mais qui, après avoir acquis les connaissances nécessaires, a vu ses notes scolaires dépasser de loin celles de ses congénères.

Enfin, les DASPA ne bénéficient qu’aux enfants ayant acquis le statut de réfugié, ce qui en laisse beaucoup sur la touche. Que pouvons-nous faire pour vérifier les dispositifs de scolarité de ces derniers ainsi que le suivi de leur cursus?

J’imagine que vous avez dû constater souvent ces problèmes.

J’hésite ici à évoquer les problèmes financiers et d’encadrement liés à cet état de fait alors que certains voudraient supprimer certaines allocations familiales et que nous nous battons contre la précarité.