L’Europe et ses Etats Membres se sont mis d’accord sur un principe qui viserait à interdire l’accès sur les réseaux sociaux pour les jeunes de moins de seize ans. N’est-ce pas contradictoire avec la volonté de la Fédération Wallonie-Bruxelles de valoriser un apprentissage propre au réseaux sociaux en intégrant ces cours sans les programmes scolaires ? Echange avec la Ministre de l’Education sur le sujet:

Mme Zrihen (PS). - Mardi 15 décembre, les Etats Membres et le Parlement européen ont conclu un accord de principe portant sur l’interdiction de surfer sur les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter avant 16 ans, sauf autorisation parentale. Le but est d’éviter les abus pouvant, dans les pires des cas, mener à des drames humains.


 Force est de constater que cette position va à l’encontre de la volonté de la Fédération Wallonie-Bruxelles d’intégrer l’éducation au numérique et aux réseaux sociaux dans les programmes scolaires du secondaire. 
 

J’ai déjà attiré votre attention sur la réflexion éthique que demandait l’exposition de jeunes aux publicités ciblées affichées par les réseaux sociaux durant les heures de cours qui seront allouées à l’apprentissage des réseaux sociaux.


 Dans ce cadre Madame la Ministre,


 Comment la Fédération Wallonie-Bruxelles se positionne-t-elle par rapport à un usage restrictif des réseaux sociaux basé sur l’âge des utilisateurs ?  Quels seraient les impacts à prévoir concernant ce volet si l’accord venait à prendre un caractère contraignant ?

Madame Joëlle MILQUET, vice-Présidente et Ministre de Education, de la culture et de l'Enfance

Madame la Députée,

Comme je l'ai déjà souligné lors de la Commission du 20 octobre et indépendamment de l'accord de principe européen du 15 décembre visant à interdire l'usage des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans, je souhaite souligner que mettre les enfants sous cloche n'est pas une bonne solution ; l'importance est de pouvoir éduquer les élèves à une utilisation responsable des réseaux sociaux.

Même si les réseaux sociaux sont le plus souvent associés à une utilisation dans la sphère privée, même si leur mauvaise utilisation entraine parfois des dérives, je reste persuadée qu'ils peuvent être un bel outil didactique. Ils permettent une communication dynamique, créative et instantanée dont les jeunes sont friands.

A ce titre, une brochure a été mise en ligne à l’attention des acteurs scolaires sur les usages professionnels et pédagogiques des réseaux sociaux. Loin de faire l’apologie des réseaux sociaux à outrance, la brochure balise les principes regorge de conseils pour conscientiser aux dérives possibles.

Les plus-values pédagogiques de l'utilisation sociaux en classe sont notamment :

• Eduquer aux médias écrits et audiovisuels ·
• Développer l'esprit critique ;
• Entrainer à une écriture socialisée ;
• Construire un réseau social ;
• Favoriser la continuité pédagogique
• Inciter à l'autonomie et à la prise de confiance par les échanges entre pairs ;
• Entretenir la motivation ;
• Faciliter l'apprentissage grâce à un contenu ludique ;
• Eduquer à internet (aspect légal, attitude responsable, sensibiliser aux dangers).

Par ailleurs, l'utilisation des réseaux sociaux en classe relève de la liberté pédagogique. Dans le cas où une telle interdiction serait inscrite dans notre droit belge, il existe plusieurs moyens de travailler avec les réseaux sociaux autrement :

• Il existe des médias sociaux spécifiquement dédiés à l'usage en classe permettant de dialoguer et de travailler de façon sécurisée. Par exemple : Emodo, Baby Twit, Beebac, Schoodle,… ;

Il n’est pas nécessaire que les élèves se créent un compte individuel sur un réseau, quel qu’il soit pour un usage en classe. Afin de garantir un contexte sécurisé et respectueux des conditions d’utilisation, une alternative consiste à la création d’un compte collectif. Celui-ci, géré uniquement par l’enseignant, pourra être accessible aux élèves sous sa surveillance.
 

Si l’enseignant souhaite communiquer avec ses élèves et via un réseau, il a la possibilité de créer un groupe dédié.