Un parcours éducatif peut déboucher sur des échecs, des impasses voire l’abandon de ses études si un travail d’orientation n’a pas été correctement réalisé avant d’entamer la première année de l’enseignement supérieur.

Jean-Claude Marcourt, le ministre de l’Enseignement Supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles, partage cette analyse et répond ici à ma question orale concernant l’élaboration d’un cadastre des parcours éducatifs:

 

Monsieur le Ministre,

La DGEO pour l’enseignement secondaire en FWB, l’ARES pour l’enseignement supérieur non universitaire en FWB, la Communauté Germanophone (enseignement secondaire et supérieur), l’enseignement de Promotion Sociale, l’IFAPME pour la formation en alternance en Wallonie, le SFPME et l’EFP pour la formation en alternance en Région de Bruxelles-Capitale collaborent en vue de mettre en place un cadastre de parcours éducatifs pour la période 2008-2009.

Ce cadastre comprend notamment un suivi sur 10 ans dans la formation professionnelle (via le FOREM, Bruxelles-Formation, l’IFAMPE, SFPME, l’EFP et l’enseignement de Promotion Sociale) et au sein du marché du travail (via Datawarehouse Marché du Travail et Protection Sociale de la BCSS).

Ce cadastre permettrait de retracer les parcours individuels des études jusqu’à l’insertion dans le monde professionnel. Il s’agit d’un outil capital pour affiner les politiques d’orientation scolaire, de formation et d’encadrement pédagogique. En effet, aujourd’hui les données sont encore relativement éclatées, ce qui rend assez difficile la mise en place de politiques et d’études statistiques transversales liant directement l’enseignement à l’emploi.

Au cours du séminaire exploratoire du Conseil de l’Education et de la Formation le 18 mars dernier, les travaux visant à mettre en place ce cadastre ont été évoqués.

Monsieur le Ministre, il semble que l’organisation du colloque rencontre votre demande de faire le point sur la manière dont différentes instances compétentes en matière d’orientation scolaire et professionnelle pourraient coordonner leurs actions et envisager des projets transversaux d’aide à l’orientation des étudiants.

Pouvez-vous nous faire part des premières pistes de travail dégagées lors de ce colloque ?

Quand ce cadastre serait-il rendu effectif et disponible ?

Concrètement, de quelle manière les échanges d’informations sont-ils prévus avec l’enseignement obligatoire, l’enseignement de promotion sociale et les organismes de formation professionnelle ?

Le Conseil des recteurs est-il associé à la réflexion ?

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Réponse du Ministre Jean-Claude Marcourt : Un renforcement des outils d'orientation et d'évaluation est indispensable afin de réduire autant que possible le gâchis humain et social qu'est l'échec scolaire en première année de l'enseignement supérieur.

C'est dans ces termes que le Gouvernement, dans la DPC 2014-2019, exprime sa volonté d'améliorer l'orientation des jeunes à l'entrée de l'enseignement supérieur. C'est dans cette perspective que j'ai adressé, au Conseil de l'Education et de la Formation, une demande portant sur la manière dont différentes instances compétentes en matière d'orientation scolaire et professionnelle tels que la COPI, l'ARES, le Comité de concertation formation professionnelle/enseignement pourraient coordonner leurs actions pour mettre sur pied des projets transversaux d'aide à l'orientation des étudiants.

Afin de répondre à ma demande, le CEF a organisé, le 18 mars dernier, un « séminaire exploratoire », modalité d'instruction fréquente dans le cadre du travail du CEF.

Les invitations au séminaire exploratoire ont été adressées aux membres du CEF (qui reprend tous les niveaux d'enseignement et de la formation professionnelle), aux Ministres, aux Parlementaires des deux Commissions ainsi qu'aux intervenants lors du séminaire. Aucune instance n'a été associée en tant que telle au séminaire, les intervenants ayant été choisis pour leur expertise de recherche ou de terrain. A ce titre, des représentants des Pôles académiques ont été invités à intervenir compte tenu de la compétence décrétale des Pôles en matière d'orientation.

L'objectif était d'éclairer la réflexion :
- en faisant le point sur l'évolution du concept de l'orientation et sur sa définition ;
- en faisant res5,ortir les enjeux du renforcement des outils d'orientation et d'évaluation ;
- en présentant quelques initiatives innovantes ;
- en présentant un exemple de réalisation de projet transversal d'orientation << Enseignement obligatoire - enseignement supérieur - formation professionnelle - emploi >> en Communauté germanophone.

Différentes actions intéressantes ont émergé telles que :
- la plateforme multipartenariale de la Région wallonne, le dispositif d'orientation tout au long de la vie articulé à un réseau << Cités des Métiers >> ;
- le (< Programme cadre pour la préparation scolaire au choix professionnel et à l'orientation professionnelle en Communauté germanophone >>. Ce projet pilote comporte l'avantage de mettre en place un interlocuteur unique dans chaque école secondaire pour coordonner les actions d'orientation.

Les actes du séminaire sont disponibles sur le site du CEF depuis le 1er avril. Le rapport d'instruction et l'avis éventuel seront remis au plus tard en septembre 2016.

Complémentairement, l'ARES travaille, en collaboration avec d'autres acteurs, à l'élaboration d'un cadastre des parcours éducatifs qui permettra de retracer les parcours individuels. Il s'agit d'un outil capital pour affiner notamment nos politiques d'orientation et d'encadrement.

L'objectif, je l'ai dit, est de disposer, fin 2016, d'un premier cadastre des flux permettant de déterminer le parcours professionnel des élèves et étudiants sortant de l'enseignement secondaire et de l'enseignement supérieur. Par la suite, ce cadastre s'enrichira des données des organismes de formation professionnelles, de l'Enseignement de promotion sociale et de l'enseignement de la Communauté germanophone pour couvrir progressivement l'ensemble des trajectoires possibles.
Au regard de ces larges investigations menées actuellement dans le domaine de l'orientation, il est sans doute prématuré de se prononcer en faveur de la mise en œuvre de mesures particulières telles que l'organisation dans nos universités de formations plus poussées dans le secteur de la psychologie de l'orientation.

Cependant, dans le cadre de la réflexion qui a débuté lors de la législature précédente au sujet de la formation initiale des enseignants, j'ai d'ores et déjà fait, de l'orientation, une priorité. Elle sera en effet intégrée à la formation initiale sous la forme d'activités d'enseignement sur les méthodes et les outils permettant d'intégrer l'approche éducative de l'orientation dans les activités d'enseignement et d'apprentissage.