Mme Olga Zrihen (PS). – Madame la Ministre, le 23 janvier, vous avez eu l’occasion de présenter les résultats de la coupole «Alliance Culture-École» au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en compagnie de la ministre de la Culture, Mme Alda Greoli. Il s’agit d’un dispositif central dans le cadre de Bouger les lignes et d’un axe important du Pacte pour un enseignement d’excellence, puisqu’il vise à améliorer et à renforcer la collaboration entre le monde de la culture et celui de l’enseignement.
 
Tout au long d’une année, le groupe «Alliance Culture-École» a travaillé pour imaginer des mesures structurelles, afin d’inscrire les dimensions culturelles et artistiques au sein de l’enseignement, et ce dès la maternelle. Le groupe a également planché sur un réaménagement des rythmes scolaires ainsi que sur de nouvelles manières de valoriser l’intelligence émotive et artistique des apprenants.
 
Dans ce cadre, quel bilan tirez-vous, Madame la Ministre, après un an du travail du groupe «Alliance Culture-École»? Comment envisagez- vous l’intégration de ces nouvelles dimensions au sein de la formation initiale des enseignants? Un dialogue avec votre collègue, M. Jean-Claude Marcourt, a-t-il été entamé à ce sujet? Maintenant que ce travail de réflexion s’achève, quelle sera la vocation du groupe «Alliance Culture-École»?
 
Mme Marie-Martine Schyns, ministre de l’Éducation. – Nous avions effectivement assisté, hier, à la présentation des quatorze orientations de la coupole «Culture-École».
 
En ce qui concerne les rythmes scolaires, la proposition du groupe de travail «Culture-École» vise à prévoir le parcours d’éducation culturelle et artistique dans le temps et dans l’espace scolaire, indépendamment d’un éventuel allongement de la journée scolaire. Aujourd’hui, cet allongement ne figure pas dans le Pacte parce qu’il nécessite une étude approfondie de faisabilité, aussi bien pour la journée que pour l’année.
 
En réponse à votre première question, l’investissement et la qualité du travail du groupe «Alliance Culture-École» ont vraiment été à la mesure des attentes. J’imagine que la réciprocité est attendue. Parmi les différentes pistes préconisées, vous évoquez la révision de la formation initiale des enseignants. C’est effectivement une piste au cœur de la réflexion d’un groupe de travail spécifique, en concertation avec mon collègue, Jean-Claude Marcourt. Le lien avec le groupe de travail «Culture-École» s’est fait essentiellement via les coprésidents du Pacte et via les membres du comité de suivi. Un des sous-groupes de la coupole a planché sur cette thématique et a aussi transmis un ensemble de recommandations au Groupe central. Celles-ci concernent aussi bien la formation initiale que la formation continuée des acteurs de l’enseignement, mais aussi des acteurs du monde culturel. Autrement dit, ces derniers demandent à être mieux au fait des méthodes pédagogiques. Je citerai quelques-unes de ces recommandations: l’intégration dans la formation initiale d’une formation solide sur les plans artistique, culturel, épistémologique et pédagogique; la promotion de pratiques collaboratives et de partenariats; les formations continuées d’éducation culturelle transdisciplinaire.
 
Aujourd’hui, dans la formation continuée, les enseignants de pratique artistique sont souvent formés dans leur discipline et non pas de manière transdisciplinaire. Or, cette approche transdisciplinaire est intéressante, et elle peut être mise en place concrètement à travers les outils de formation des réseaux ou l’Institut de formation en cours de carrière (IFC). Une dernière recommandation que je voudrais souligner concerne la possibilité de spécialisation dans le cursus initial de formation et/ou en complément.
 
Tous ces travaux ont été présentés hier à BOZAR. Les travaux du groupe de travail «Alliance Culture-École» sont clôturés. Il en est de même pour les autres groupes de travail du Pacte, à l’exception du groupe de travail «Tronc commun».
 
Mme Olga Zrihen (PS). – Je voudrais vous remercier, Madame la Ministre, parce que c’est un vrai bonheur de voir cette alliance enfin reconstruite. Lorsque je dis «reconstruite», c’est parce qu’il y a eu une initiative similaire de la part du CERED qui, pendant des années, a véritablement animé tout le travail culturel.
Par ailleurs, je pense qu’il ne faudrait pas perdre la capacité et l’expertise du monde associatif, mais aussi d’autres instances telles que la province du Hainaut. Cette dernière a mis en place un dispositif d’animateurs qui, depuis des années, alimentent largement le réseau scolaire dans le domaine artistique.
 
Il existe des expériences que nous pourrions aller voir sur le terrain, car elles montrent que les enseignants ont eu cette présence d’esprit de faire ce type d’exercice. Je pense plus particulièrement à une école qui se trouve rue du Doyenné à Uccle (expérience musicale) et à une école d’Haine-Saint-Pierre, près de La Louvière (initiative dans le domaine de la danse).
 
 
Lien vers la publication : http://archive.pfwb.be/1000000020560b3 (pp.29-30)